Quelques nouvelles de la mission de mars 2017

La seconde mission de l’année s’est déroulée du 19 mars au 2 avril dernier 

Cette fois notre équipe était plus légère : deux médecins seulement, deux dentistes, trois infirmières dont l’une nous a rejoint la dernière semaine, un pharmacien, un logisticien, auxquels se sont ajoutés Ibou, assistant à la pharmacie, ainsi que Fatima et Maïmouna, assistantes dentaires.

Marie-Sylvie MASSIE, présidente de l’association, a également apporté son concours à cette mission.

Le choix a été fait cette fois de consulter plutôt dans de petits villages isolés

Mais nous sommes allés également dans deux gros villages, Diembering  et Elinkine, dans chacun desquels nous avons consulté pendant deux jours avec une fréquentation moyenne quotidienne de 80 personnes. Dans les petits villages, Boudiediet, Wendaye, Cachouane, Santiaba Wolof, Djiromaït et Boukotte, 45 à 83 personnes sont venues consulter.

La préparation de notre venue par la communauté villageoise est de mieux en mieux adaptée 

Dans la majorité des villages les salles de consultations étaient déjà prêtes à notre arrivée. Les ticketteurs, souvent des jeunes, chargés d’inscrire les patients et d’encaisser le forfait consultation pour le compte du comité de santé du village, s’étaient organisés. L’attente des patients était prévue suffisamment loin des salles de consultation pour éviter la nuisance causée par le bruit des conversations.

Comme toujours, les femmes nous ont préparé de très bons repas.

Ces conditions de coopération sont essentielles pour une bonne efficacité de nos interventions.

533 consultations médicales

 La prise en charge des pathologies courantes et le suivi des traitements au long cours par les structures sanitaires sénégalaises sont en constante amélioration, et nous découvrons moins de pathologies chroniques, d’amibiases et de plaies torpides qu’il y a quinze ans.

Nous nous trouvons de plus en plus devant des cas plus complexes, que les infirmiers chef de poste ne peuvent diagnostiquer. Plusieurs pathologies « lourdes » ont ainsi pu être diagnostiquées, et les patients ont pu être signalés et orientés vers les spécialistes.

Les hypertensions sont très souvent déjà dépistées et traitées, bien que les traitements encore trop souvent arrêtés du fait du manque de moyens ou du manque d’information sur les risques : il faut passer beaucoup de temps à expliquer et argumenter !

Et 324 consultations dentaires ont été effectuées pendant cette mission

Les dentistes ont encore dû procéder à 386 extractions. Ils ont pu effectuer sur place 54 soins conservateurs, rendus possibles grâce au matériel prêté par le conseil de l’ordre du Calvados que nous remercions vivement. Seuls sont effectués sur place les  soins simples réalisables en une seule séance. Les patients qui nécessitent des soins plus complexes sont adressés au cabinet dentaire de l’association Doma Doma à Cabrousse avec lequel nous avons développé une étroite collaboration.

L’état bucco-dentaire de la population et notamment des enfants est alarmant : Le Docteur Senghor, médecin chef  du district d’Oussouye, fait de la prévention bucco-dentaire, une de ses priorités.

Une équipe composée d’un dentiste, d’une infirmière spécialiste de prévention dentaire, et d’une de nos assistantes dentaires a mené dans chaque village une action en direction des enfants scolarisés en primaire. Cette action s’est déclinée sur deux axes :

1 / Dépistage systématique et comptage des caries sur les dents de 6 ans, suivis des soins conservateurs nécessaires. L’état dentaire de 360 enfants a été contrôlé. Pour plus de deux tiers d’entre eux, des dents de 6 ans étaient cariées ou déjà absentes.

2 / Initiation au brossage des dents et conseils sur l’hygiène alimentaire avec traduction dans la langue locale par notre assistante et distribution de brosses à dents.

Nous avons demandé aux enseignants de mettre en place au sein de leur classe une activité biquotidienne de brossage des dents. La plupart ont accepté avec un intérêt réel.  Dans chaque classe, une ou un élève responsable du brossage a été choisi par ses camarades.

La prochaine mission est prévue en novembre, mais nous continuons de suivre activement plusieurs projets

Une convention partenariale vient d’être signée par la Mairie, l’association Doma Doma et AMK pour la création et le  fonctionnement du cabinet dentaire d’Elinkine soutenu et validé par le Dr Senghor. Nous recherchons des moyens d’acheminement de l’équipement du cabinet.

Nous recherchons des fonds pour l’achat d’un appareil radio dentaire portatif, de brosses à dent et de petit matériel médical.

Nous suivons le projet d’installation de la garderie dans un local adapté.

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’avancée de ces projets !

Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à nos action et pour votre soutien.

A bientôt !

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Quelques nouvelles de la mission de janvier 2017

L’équipe franco-sénégalaise :

Quatre médecins dont une diabétologue, deux dentistes,  un pharmacien, deux assistantes sociales (en pré-consultation) et deux logisticiens. Notre équipe s’est enrichie sur place de deux assistantes dentaires et d’un assistant auprès du pharmacien.

Le Dr SENGHOR  médecin chef à l’hôpital départemental d’Oussouye  et le Dr SAMBOU, son adjoint ont  apporté leur renfort lors de deux journées de consultation. Le Dr Alexandre JOUINI, en vacance en Casamance,  a également consulté avec nous une matinée.

Le programme de consultation avait été décidé avec le Dr SENGHOR

De gros villages comme Diembering, Cap Skirring, mais également de petits villages isolés nécessitant parfois de longs trajets en pirogues avec tout le matériel dentaire et les caisses de médicaments.

Comme toujours, les logisticiens avaient en amont préparé la venue de l’équipe avec les infirmiers chefs de poste (ICP) et les comités de gestion des postes de santé (prévision de l’organisation matérielle, information des populations, …)

Déchargement du matériel et des médicaments

 Notre intervention ne serait pas possible sans la contribution de l’ensemble de la communauté villageoise :

Le comité de santé est un partenaire incontournable, de même que les ICP, les agents de santé communautaires, les sages-femmes, les relais de santé, les matrones qui ont souvent participé très activement au bon déroulement de la journée. Des jeunes du village sont souvent intervenus en tant qu’interprète.

Les femmes nous préparent de délicieux repas :

A Youtou les gens étaient particulièrement nombreux à nous attendre parfois depuis très tôt le matin, certains venus de Guinée Bissao. Les femmes du village avaient fait en sorte de préparer assez de riz pour pouvoir aussi nourrir ces personnes venues de loin.

Près de 1000 consultations ont été effectuées soit un apport de 741 900 CFA  (1150 €) aux comités de santé : 410 consultations médicales et 277 consultations dentaires

Les patients paient un forfait « consultation / médicaments » dont le montant est décidé par le comité de santé. Ce dernier peut fixer des tarifs préférentiels pour les enfants, ou décider de la gratuité pour des personnes nécessiteuses.

En fin de journée, un rapport est établi pour  transmission au Dr SENGHOR et présentation du bilan à tous.

Bilan en fin de journée

Des objectifs médicaux qui s’inscrivent dans la politique de santé sénégalaise

Avec l’évolution des conditions de vie et la mise en œuvre des politiques de santé, le Sénégal connait une transition épidémiologique.

Les pathologies infectieuses et parasitaires régressent ; de nouvelles pathologies apparaissent telles que le diabète, l’hypertension qui font aujourd’hui l’objet de programmes de santé publique spécifiques.

Hélène CHACRON, médecin spécialisé en diabétologie, a été amenée à consulter plus particulièrement les patients en surpoids, souvent des femmes jeunes, 4 à 5 par village chez lesquelles un diabète a été découvert et plus rarement, diabétiques déjà connues.

Consultation médicale

La mission de janvier a été l’occasion de commencer à expérimenter le projet de travail en binôme des médecins avec les ICP

Les Dr Benoit GARCON et Lydia BRISPOT ont ainsi partagé trois matinées de consultation, chacun avec  un ICP,  dans l’objectif de partager leur compétence dans l’approche clinique pour un meilleur diagnostic des pathologies.

Les dentistes ont pu faire quelques soins conservateurs

Mais les avulsions sont malheureusement très souvent inévitables.

Consultation dentaire

Le travail de prévention bucco-dentaire se poursuit

Les dentistes ont rencontré les enseignants des écoles des villages où nous avons consulté leur proposant d’intégrer le brossage des dents à l’école, en leur remettant des brosses à dent.

Les enseignants ont été très réceptifs à cette proposition, la mettant parfois en œuvre le jour même !

Des séances de prévention bucco-dentaire ont également été tenues dans certains villages.

Ces séances ont été suivies avec beaucoup d’attention par la population, à tous les âges !

Séance de prévention bucco-dentaire

 En lien avec l’association Doma Doma, le projet de création de cabinet dentaire à Elinkine avance.

Ce cabinet serait installé dans un local jouxtant le poste de santé. Il devrait permettre à la population des  environs et notamment des îles l’accès aux soins conservateurs.

Une réunion de tous les acteurs concernés, mairie, Dr SENGHOR, ICP, Doma Doma, AMK, s’est tenue le 12 janvier avec le technicien de l’association Doma Doma. Ce dernier a pu valider la faisabilité dans le local et faire rapidement les plans d’aménagement qui ont à la suite permis d’établir le devis.

Le challenge sera ensuite d’assurer le budget de fonctionnement et les ressources humaines suffisantes.

Réunion à Elinkine

Les relations avec Casamasanté, association intervenant à Cap Skirring, essentiellement en santé de prévention scolaire, se poursuivent.

L’équipe de Casamasanté suit les jeunes filles qui résident à l’internat de Diembering.

Lors des consultations, des orientations de jeunes patients ont été faites vers Casamasanté en vue de consultations spécialisées.

Enfin, une rencontre avec M. le Maire de Diembering nous a rassurés sur l’avenir de la garderie initiée par Alimatou

Alimatou, enseignante à l’école primaire, a créé l’association « l’enfant mon trésor » comme support juridique de la structure.

Cette garderie qui accueillait à son début 50 enfants et qui en accueille aujourd’hui 130 rend un immense  service à la population de la commune.

La mairie de Diembering envisage des travaux dans un local qui lui sera dédié, et AMK en assurera l’équipement.

Le futur local de la garderie avant travaux

 

Bref, les projets ne manquent pas, l’action se poursuit au plus près des habitants de la région, et en lien avec les acteurs locaux sans lesquels elle serait bien moins efficace !

Notre action se poursuit également grâce à vous et à votre soutien financier absolument indispensable. Merci à vous

 

Contactez-nous sur : a.m.kassoumaye@gmail.com

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BULLETIN D’ ADHESION ET DE SOUTIEN

       Vos dons serviront à nos différents projets : garderie, cabinet dentaire, achat de médicaments, achat de brosses à dents pour les enfants, …. ou  pour nos actions en cours : missions, internat, hospitalisation de malades …  Les missionnaires de chaque mission financent eux-mêmes en totalité leur voyage et leur séjour. Vos dons sont donc destinés en totalité à l’aide médicale et éducative aux populations locales. Nous vous adresserons un reçu pour dons afin de déduction fiscale.

         Nous ne pouvons avancer que grâce à vos dons, et j’en profite pour remercier ici tous nos donateurs réguliers ou ponctuels.

          Nos missionnaires ne manquent pas de motivation. Nous comptons sur votre aide pour que leurs actions ne s’arrêtent jamais faute de moyens. Nous avons besoin de vous. Proposez vos idées, vos compétences, votre envie d’apporter une pierre à ce que nous construisons depuis bientôt 17 ans en liaison étroite avec les structures médicales et administratives locales.

A bientôt            Marie-Sylvie MASSIE          Présidente d’ AMK

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Lettre aux parrains mars 2017

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Quelques nouvelles de la mission de novembre 2016

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Le Mot de La Présidente Octobre 2016

LE MOT DE LA PRESIDENTE               Octobre   2016

             A la veille de notre prochain départ en mission début novembre, je tenais à vous informer de nos actions, vous tous qui nous suivez de près ou de loin…

           Le Docteur Badiane, avec qui nous avons travaillé pendant de longues années, a quitté l’hôpital d’Oussouye et a été remplacé par le docteur Gabriel SENGHOR. En avril dernier, nous avons rencontré Gabriel Senghor dès notre arrivée en Casamance avec Claude Sagnes.  Nous avons discuté avec lui de nos actions auprès des villages et du contexte médical de la région. Plus tard, à la fin de la mission, il a pu prendre un long moment avec nous, s’interrogeant tous ensemble sur la manière dont nous pouvons améliorer les soins, les manquements médicaux éventuels importants, etc. … Ce fut très constructif et positif pour nous comme pour lui, je le souhaite.

           Les pathologies qui lui paraissent en émergence dans la région sont   l’hypertension, le diabète, et les caries dentaires … Ceci démontre que nos prochaines missions doivent être centrées en particulier sur les patients atteints de ces affections. En tant que nouveau médecin prenant son poste, le docteur Senghor a fait une évaluation de la situation dans son hôpital et dans sa région,  plus tard il nous a transmis un document, qui devrait nous permettre – avec d’autres associations – de lui apporter certains des équipements signalés.

            La société de matériel médical Rives Médical à Quint (31), qui nous a déjà offert pas mal de matériel, essayera de nous trouver, encore une fois, certains de ces équipements. Nous la remercions pour sa disponibilité.

20160409_143724            Christine PERNET, notre dentiste, nous a permis de recevoir une aide de 6200 euros du lycée privé de Vannes et d’autres établissements du Morbihan, qui avaient organisé une marche humanitaire avec les élèves de ce collège. Ils avaient beaucoup de projets, proposés par différentes associations, le nôtre avait aussi retenu toute leur attention. Tout cela sans doute grâce au travail de présentation réalisé par Christine et un de ses amis, avec plusieurs documents et particulièrement une vidéo remarquable ;  cela a été beaucoup de travail pour eux deux mais une belle récompense à la clef. Cette somme a donc été récoltée pour la réfection du bâtiment de la garderie de Djembering. Ce projet est conduit sur place par Alimatou, dont nous connaissons les compétences et le courage. Ce projet est en bonne voie, même s’il nous manque une partie du financement nécessaire, pour la rénovation complète. Hervé Canivet et Claude Sagnes sont en relation avec elle, ainsi qu’avec les autorités locales compétentes. Un de nos logisticiens, Jean-Pierre Fiorentini, a fait des plans lors de la mission de novembre dernier, et ce projet semble en bonne voie.

          Nous axons l’amélioration de la santé en Casamance sur la prévention dentaire auprès des enfants. Nous avons l’intention lors de notre prochaine mission de novembre d’avancer dans ce sens. Nous en discuterons avec le docteur Senghor afin d’être plus efficace dans ce domaine.

           Peut être pourrons-nous dans les prochains mois participer à la création d’un cabinet dentaire au poste de santé d’Elinkine.  Stratégiquement c’est l’endroit le mieux adapté pour que la population des iles, par exemple de  Carabane, Wendaye, … puisse facilement y accéder par le fleuve Casamance ou par les bolongs. Les autorités sanitaires et administratives sont d’accord. Julien Albar et Christine Pernet avaient contribué à faire émerger ce projet en novembre. Nos amis, François et Odile PENOT de l’association DOMA-DOMA, les premiers à monter un cabinet dentaire à Kabrousse où ils travaillent six mois de l’année,  s’associent à ce projet et s’appliquent par leur connaissance et leurs contacts à la recherche des équipements nécessaires pour la création de ce nouveau cabinet dentaire.

           Depuis quelques temps déjà, nous étions toujours en grande discussion à chaque fin de mission, surtout avec les nouveaux médecins après leur première mission, sur la difficulté qu’ils rencontrent parfois pour certaines pathologies, sur le suivi des patients pour lesquels des examens complémentaires sont nécessaires, ou devant être adressés à un spécialiste.

          Mireille Meyssonnier avec l’aide des « derniers arrivés », Michel Rigouin, Annaelle Guiet, Myriam Flageollet, etc. s’est donc attelée à ce programme, qui est en cours de finalisation. Des fiches sur différentes pathologies, ainsi qu’un tableau des spécialistes et services à qui référer ces patients seront remis aux médecins partants en mission. D’autre part, nous transmettrons à Ousmane une liste des patients à suivre après notre départ. Nous prévoyons aussi un budget à chaque départ de mission pour prendre en charge les examens urgents pour les patients les plus démunis.

          Benoît Garçon, notre président fondateur, envisage et commence à mettre en place un petit groupe de deux ou trois médecins, qui viendraient travailler en binôme dans des villages choisis avec le docteur Senghor, pour apporter des connaissances supplémentaires aux infirmiers chefs de poste (ICP). Ces médecins consulteraient alors avec les ICP durant une semaine. Ce groupe rejoindrait le soir le groupe lors de la mission  de fin janvier. Si parmi vous certains sont partants pour tenter cette expérience vous pouvez nous le signaler ou contacter directement Benoît  Garçon.

          Durant cette période Benoît Garçon évaluera aussi l’installation du docteur  Karim  Ousmane Ndiaye,  ce que cela a apporté à la population, etc … Nous avons expédié en juillet un échographe à Ousmane. Cet équipement devrait lui parvenir  dans les prochains jours. Dans ce cabinet, que nous avons monté il y aura bientôt deux ans, le docteur Ndiaye fait venir périodiquement un gynécologue obstétricien de Ziguinchor, ce qui est un réel avantage pour toutes les femmes du secteur qui avaient bien du mal à se rendre à 70 km pour être consultées. Nous avons pu voir une consultation de ce médecin, les femmes étaient nombreuses à l’attendre.

presentation1          Dans l’envoi que nous avons pu réaliser grâce à l’association Latécoere, nous avons fait partir des brosses à dents, dentifrice, etc … et aussi 2000 montures de lunettes destinés à l’association italienne AMOA qui installe un laboratoire ophtalmologique à Mbour près de Dakar. En avril nous leur avions déjà  fourni 700 paires de lunettes prises dans notre stock.

         L’installation au cours des dernières années d’une salle de radiologie à l’hôpital d’Oussouye est toujours d’une grande utilité pour cette population éloignée de l’hôpital régional de Ziguinchor. Les deux pneumologues qui avaient porté ce projet AMK, n’ayant plus que leurs activités de mission sur l’hôpital d’Oussouye, ont préféré rejoindre une autre association. Ainsi  cette association pourra étoffer une activité de santé dans ce secteur, et nos deux pneumologues pourront continuer leurs actions avec plus de facilité.

             Claude Sagnes continue avec ferveur à s’occuper de l’internat. Beaucoup de jeunes filles ont pu ainsi accéder à un enseignement supérieur, elles n’auraient pu poursuivre leur scolarité sans disposer de ce logement, et les deux directrices qui les encadrent  tout au long de l’année scolaire veillent sur elles comme des mères. Un bilan de la situation financière sur les trois dernières années a été fait. Les dépenses de nourriture augmentent légèrement même si elles sont globalement maitrisées. Ce sont les frais d’entretien que nous supportons qui nécessitent de trouver de nouveaux parrainages.

          Nous espérons toujours nous procurer une valise dentaire pour nos dentistes en mission, afin de réaliser des soins dans les villages isolés, et ainsi conserver des dents  pour le bien-être des patients.  Si vous avez des suggestions à faire nous sommes preneurs, l’achat de cette valise ne peut être assuré que grâce à vos dons.

          La coordination et des contacts permanents ont lieu entre nous et les autres associations qui œuvrent dans le département d’Oussouye. Qu’elles soient françaises, italiennes ou espagnoles, nous arrivons à nous comprendre et progressivement nous allons tous gagner ensemble en efficacité. Il s’agit de Kasomay, Doma-Doma, Casamasanté, Amoa, La main sur le Cœur …

           Enfin vous dire que les membres de l’équipe responsable d’AMK, (membres du bureau, membres du CA, référents par action, …),  nous continuons à agir de manière collective avec des échanges permanents entre nous. Toutes les actions que nous menons sont décidées ensemble. C’est notre façon de travailler, même si elle demande parfois plus de temps et d’efforts, mais elle est impérative pour nous.

           Je voulais également vous parler des fondations d’entreprise qui favorisent les projets humanitaires parrainés par des salariés. Nous sommes capables de monter des dossiers de demandes pour les projets que nous souhaitons faire aboutir: par exemple actuellement la rénovation complète du bâtiment de la garderie, l’amélioration de l’alimentation électrique de l’internat, une valise de soins dentaire… qui entrent dans le champ d’intervention de ces fondations (éducation, santé). C’est comme cela que nous avons construit l’internat pour jeunes filles de Diembering, aidés par la Fondation Orange et projet parrainé par un salarié. N’hésitez donc pas à nous contacter si vous, quelqu’un de votre famille ou de votre entourage, est prêt à jouer ce rôle de parrain, marraine auprès de son entreprise.

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        Par ce courrier, par notre blog (https://amkassoumaye.wordpress.com/), par la lettre aux parrains, … nous essayons de vous informer le plus possible, mais nous espérons de vous des remarques, des souhaits, des idées ….  Quand bien même vous ne soyez jamais partis en mission, vous pouvez participer même de chez vous à nos actions, croyez le bien.

                                                                       Marie-Sylvie MASSIE       Présidente d’AMK

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Rappel des prochaines missions :

  • du 14 au 28 janvier 2017,  déjà quelques inscrits
  • du 25 mars au 8 avril 2017,  déjà quelques inscrits

si vous souhaitez partir au cours des prochaines missions,

veuillez le signaler à Julien ALBAR  jj.albar@aliceadsl.fr

 

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Compte-rendu mission de Santé Publique novembre 2015

COMPTE RENDU   MISSION   SANTE PUBLIQUE AMK                                                                             (21 novembre         –        5 décembre 2015)

Réalisé par le Docteur Didier Basset   avec la participation des Docteurs Marie-France  Frutoso et Elisabeth Picou

Participants : Docteur Didier Basset, chef de mission, –  Annie Basset, biologiste,               – Docteur Marie-France Frutoso, anthropologue, – Docteur Elisabeth Picou, biologiste, -Pauline Bouret, technicienne de laboratoire.

Objectifs de cette mission :

1     Evaluer l’impact de la campagne de masse du service national de santé effectuée  avant l’hivernage 2015

2      Multiplier les actions de Communication pour Changement de Comportement  (C.C.C.) ; évaluer celles qui semblent avoir le plus d’impact.

3     Chercher à comprendre le schéma épidémiologique et son évolution par rapport à 2005.

Programme :

programme1 La prévalence :

            Depuis 2012, le Sénégal a été retenu avec 4 autres pays africains comme objectif prioritaire dans la lutte contre 5 maladies négligées dont la bilharziose. A ce titre, le pays bénéficie d’un traitement de masse annuel contre cette maladie depuis 2012. Cette année-là, des effets indési-rables dus à un générique chinois ont obligé d’interrompre la campagne. Depuis,    chaque année, le pays, dont la Casamance, bénéficie d’un traitement annuel).

              AMK intervient donc, maintenant, en complément de cette action. A partir de l’an prochain, la responsable nationale de ce programme, Mme Fatou Badiane a proposé à nos équipes de nous associer à l’exécution de ce programme de lutte).

           L’étude a été centrée sur les deux gros foyers à l’origine de l’action  d’AMK: Diembering et Cabrousse ainsi qu’au village de Nikine qui avait eu par le passé une forte prévalence. Seule, une classe correspondant à  chaque tranche d’âge a été tirée au sort et retenue du CI à la 3eme.

Tableau des résultats :

CabrousseDiembering         Cabrousse : l’action combinée d’AMK et des campagnes de masse gouvernementales (depuis 2012) donne des résultats spectaculaires : 7% à comparer aux 67 % au début  de la campagne de lutte en 2001.

              –  Diembering : les résultats,  bien qu’encourageants, ne sont cependant  pas à  la hauteur des efforts entrepris depuis 15 ans. La prévalence est encore de 17 %. Par rapport à la valeur initiale de 45 %, c’est un résultat non négligeable mais dès 2004, elle était déjà de 14 %. Surtout, il y a une grande disparité qui ne correspond pas, comme au début de l’étude, aux tranches d’âge. 3 classes se distinguent : le CE1 et le CM1 de l’école publique 1 et la 5ème du C.E.M. qui font augmenter le taux de prévalence.  Pour les autres classes, on observe les mêmes bons résultats que sur Cabrousse.

            Tous les élèves dépistés positifs ont été traités par praziquantel en traitement-minute à  la dose de un comprimé pour 15 kgs de poids. Du fait de l’intervention du programme national avant l’hivernage, nous n’avons pas bénéficié de la dotation nationale. Pour éviter les « occasions manquées « , nous avons utilisé une boîte de 200 cps fournie par AMK, ce qui nous a permis de traiter 89 enfants, soit une moyenne de 2,25 cps par enfant.

2 Les techniques de CCC

Plusieurs actions ont été  menées et adaptées à l’âge des enfants :

–  A chaque dépistage, un rappel des risques et suivi de l’interprétation d’un jeu de cartes avec   les élèves.

jeux      -Concours de dessins sur le thème de la transmission pour les petites classes (CP et CE1)                                                                                                                                          -Saynète au Collège avec le professeur de SVT; elle n’a pas pu être réalisée pendant notre trop court séjour mais sera proposée pour les fêtes de fin d’année scolaire.                              – Chanson : « Oh! bilharziose, c’est dangereux… » réalisée en collaboration avec un chanteur local, Denis Diatta et interprétée devant les élèves de l’école  primaire n 1 de Diembering.

         Denis Diatta interprétant la chanson « Oh ! Bilharziose, c’est dangereux… »

Denis 3       Le schéma  épidémiologique :

         Dans les premières années,  nous étions partis sur le constat d’une transmission principale par l’eau des mares faisant suite  à  la saison des pluies avec la problématique des « mares sacrées » de Cabrousse Mossor. Cette  problématique a été confortée en 2012 par la reprise de la transmission à Diembering à  la suite de la création d’une nouvelle mare où  les enfants pêchaient les silures.

escargots                                                             

         Cette année, la recherche des Bulins, hôtes intermédiaires, a été infructueuse dans les mares ; par contre, très prolifique dans les rizières,  ce qui relance un questionnement constant sur l’intensité de la transmission dans ces lieux incontournables pour la population. Il s’agit toujours de Bulinus truncatus; les exemplaires trouvés étaient particulièrement gros et leur ouverture, déjà scellée pour préparer l’enfouissement dans le sol. Il n’y avait plus de risques de transmission dès lors.

         La recherche des cercaires en laboratoire a été négative et s’explique probablement par la faible prévalence actuelle.

4        Le questionnaire : ce dernier avait été préparé afin de recueillir des informations, côté adultes, sur leur perception de la maladie. Une ébauche a été tentée auprès des femmes deDiembering. Il s’est avéré, vite, trop complexe. A l’avenir, il faudra qu’il soit plus simple dans sa formula tion. De plus, il faudra tenir compte de la notion de différence de symboles entre les diola et nous : notre implicite n’est pas  leur implicite, d’où l’importance de trouver une pensée commune, un discours et des objectifs communs (M.F. Frutoso).

 Il en ressort, néanmoins quelques points intéressants qui seront notre conclusion :           – Les actions d’AMK sur les enfants et la bilharziose restent très peu connues de la population. Il n’y a pratiquement pas de communication entre les enfants et les adultes. Pour la majorité de la population adulte, la transmission de la maladie se fait toujours par l’ingestion de l’eau de boisson. Elle n’est pas une maladie grave car toute la famille, depuis des générations, a eu la bilharziose. Ce peut être, même, une fierté pour la maman qui voit son fils uriner rouge et assimile ce symbole à l’adolescence. Et puis, il y a l’approche traditionnelle à travers le kataf (fétiche) du javelot.                                                                Pour les rizières, loin des latrines, il est important de porter le message de ne pas uriner dans l’eau mais, éventuellement sur un terre-plein sec pour minimiser les risques.

Il reste donc beaucoup d’efforts de communication à faire.

            Cela implique la nécessité de rechercher les personnes « clé » du village et impliquer les chefs de quartier, les responsables des femmes, leur faire comprendre les dangers potentiels et les inciter dans leur domaine de compétence, par exemple,  à faucarder les mares et améliorer l’hygiène.

-Il faudra à l’avenir identifier des relais possibles pour passer les informations et susciter les bonnes pratiques à développer afin d’éviter la reprise de la transmission et prévoir la formation de ces relais, qui seront aussi bien des hommes que des femmes puisque la notion du Genre intervient fortement dans cette société.

     Il serait souhaitable de réaliser à nouveau une enquête d’incidence informant de la dynamique de transmission, cette dernière était encore importante en 2012 (24 %, un enfant sur quatre se contaminait pendant la saison de transmission, la saison des pluies).

      Cette mission marque la fin des campagnes exclusives d’AMK sur la bilharziose. Les prochaines missions devront se faire en liaison étroite avec les équipes du programme de lutte contre les maladies négligées du Sénégal auxquelles on nous a proposé de nous associer.

 

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