Rapport Bilharziose Mission AMK 2010, Dct Didier Basset

RAPPORT BILHARZIOSE

MISSION AMK 2010

Docteur Didier BASSET

            Un des principaux objectifs de la Mission « Santé Publique » AMK, du 20 novembre au 5 décembre 2010, était d’évaluer la prévalence de la bilharziose urinaire à Diembering et Kabrousse, deux gros villages de Basse Casamance, situés dans le département d’Oussouye, où un important foyer de cette maladie avait été dépisté par AMK dès 2001.

RAPPEL : Dès 2001, en effet, les premières missions de l’association avaient été frappées par l’importance de l’hématurie chez les enfants, manifestation qui signifie presque sûrement dans ces contrées la présence de Schistosoma haematobium, agent de la bilharziose génito-urinaire.

            De 2001 à 2003, la prévalence a été recherchée à l’aide de bandelettes chromatographiques comme le préconise les rapports OMS, chez les enfants de 6 à 14 ans. Le traitement était basé, sur le praziquantel en traitement-minute (1 cp pour 15 kilos de poids). Des concours de dessin et des saynètes ont été réalisées pour sensibiliser les enfants. Une enquête malacologique portant sur 300 bulins récoltés a montré qu’il s’agissait exclusivement de Bulinus truncatus à Diembering. Quelques Achatina fulica, potentiels responsables de méningites à éosinophiles ont été récoltés.

            Les résultats démontraient une prévalence importante, respectivement, 45,60 et 67,44 % pour Diembering et Kabrousse. Le taux de transmission (incidence) était très élevé, de l’ordre de 26 %, montrant la grande dynamique de l’infestation. Le profil de l’épidémie montrait le plus grand nombre d’enfants infestés et avec les plus fortes charges parasitaires dans la tranche d’âge, 12-13 ans.

            En 2004, un contrôle après traitement a été réalisé sur un important échantillonnage. La prévalence était alors tombée, respectivement à 15,48 et 30,28 % sur les deux villages. Les enfants ne se baignaient plus dans les mares. Ces résultats ont été présentés à Dakar, lors du congrès international de 2006.

            Cette enquête, associant dépistage, traitement et éducation pour la santé a été complétée en 2003 par une action du programme national. Le bilan de l’enquête nationale effectué en juin-juillet 2003, portant sur 21 écoles du département d’Oussouye montrait une prévalence globale de 16,3 % qui ne mettait pas en avant les particularités de ces deux villages et donnait sur l’ensemble, une prévalence faible. Nos propres résultats, étendus à de nombreux villages montraient, effectivement, ailleurs, des résultats similaires.

            Cinq ans après, il était important d’évaluer le niveau de l’endémie. Cela a été le principal objectif de la mission de 2010. Pour cela, nous avons décidé de faire le test sur 300 enfants de Diembering et 300 enfants de Kabrousse. Ce test a été possible grâce au laboratoire Siemens qui nous a servi gracieusement 600 bandelettes de Multistix®. Les résultats (en annexe) montrent une progression identique de la prévalence dans les deux villages (66 %),( 15 «  25 % pour Diembering et 30 «  50 %pour Kabrousse). Tous les enfants positifs ont pu être traités par le praziquantel apporté par AMK lors des missions précédentes et en voie de péremption en 2011. Au total, 476,5 comprimés ont été utilisés, soit une consommation moyenne de 2,21 cps pour les 215 enfants traités. Nous avons noté peu d’effets secondaires, hormis un œdème du visage, résorbé en 24 heures par anti-histaminique.

            Puisque nous disposons d’un petit laboratoire au poste de santé de Diembering, nous avons collecté quelques urines positives et nous avons pu observer constamment les œufs de Schistosoma haematobium. Une journée a été consacrée à la formation de 3 ASCs et vérifier, par une évaluation, la compétence acquise lors de précédentes formations. Ceci, malgré des conditions difficiles car le poste de santé ne dispose plus d’eau courante depuis plusieurs mois et les tabourets du laboratoire ont disparu.

            Nous avons constaté que de nombreux enfants se baignaient à nouveau dans les mares et trous à banco pour se laver, pêcher, etc…Nous avons alors procédé à des concours de dessins dans deux classes et, après dépistage, nous sommes repassés dans plusieurs classes avec un « jeu de cartes » portant sur la transmission de la maladie et amenant les enfants vers une réflexion sur l’hygiène. Ces actions devront sans cesse se développer. Nous avons prévu, pour les prochaines missions un scénario de saynète sur la transmission de la bilharziose et les risques de la maladie.

            Etant donné cette reprise de la transmission, nous pensons qu’il faudra compléter nos actions, lors des prochaines missions, par le dépistage des classes non encore prospectées dans ces deux villages. Après le prochain hivernage, il faudra reprendre un certain nombre d’enfants négatifs pour apprécier l’incidence, la transmission se produisant principalement pendant les pluies. Cette action pourra se faire par le programme national ou, en collaboration avec les équipes d’AMK. A la demande du Médecin-chef de district d’Oussouye, le Docteur Malick Badiane seront prospectés en priorité d’autres villages, comportant de nombreuses mares, notamment Boukitingo et, je pense, Diakène. Nous espérons, cette fois, pouvoir bénéficier de la dotation en praziquantel.

 

                                                                                              Fait le 19 décembre 2010,

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