Compte-rendu mission Santé Publique d’avril 2012

Actions Médicales Kassoumaye

Mission de santé publique du 1er avril au 14 avril 2012

Par Dr Christelle BAILLET et Dr Valérie GARAMBOIS

Dirigé par le Dr Didier BASSET

1.     Introduction

  Le programme s’est construit au fur et à mesure des rencontres. Il a été le suivant :

NB : le tableau du déroulement de la mission au jour le jour a été supprimé pour alléger la longueur de l’article

2.     Dépistage de la bilharziose

Lors de la première semaine du séjour, la mission de santé publique a dû s’adapter à certains imprévus (congés scolaires, fêtes, cérémonies). Le dépistage dans les écoles n’a pas pu avoir lieu comme prévu. La mission de santé publique a donc  suivi le programme des soins et réalisé le dépistage dans des villages non prévus : Youtou, Eloubaline, Diakène Wolof ainsi que sur Diembéring pour de nombreux enfants de l’école primaire. Le village de Nikine n’a pas pu être visité faute de temps.

1085 enfants ont été dépistés au cours de la mission. 273 étaient positifs, soit une prévalence de 25,16%. Mais, comme cela est indiqué par la suite, on constate de nombreuses disparités en fonction des villages.

Le matériel utilisé pour réaliser le dépistage est  ainsi composé : une balance, des bandelettes urinaires (découpées en 2 sur la hauteur, pour une optimisation de la quantité ), des boites de comprimés de Praziquantel,  une bouteille d’eau et des verres pour la prise médicamenteuse , un flacon de gel antibactérien , le jeu de cartes et le schéma sur la bilharziose , des listes nominatives par classe et d’un éventuel ordinateur pour montrer quelques schémas ou photos .

  • Diembéring

 a.                      Primaire

L’école primaire n’était pas prévue dans notre programme. Nous avons quand même décidé de convoquer les élèves âgés de 4 à 12 ans, par le « bouche à oreille » : Julien, le logisticien de la mission circulait dans  le village afin d’amener les enfants, et le chef du village de Diembéring, a lui même informé les différents chefs de quartiers.

Le dépistage s’est déroulé le 2 avril et la matinée du 3 avril. Alimatou DIEYE, une des institutrices du primaire, nous a ouvert sa classe. Nous étions 3, en plus d’elle : Christelle BAILLET, Valérie GARAMBOIS, HélèneVERNHES. Les enfants arrivaient par petits groupes. L’organisation était la suivante : schéma de la bilharziose expliqué, dépistage effectué puis  jeu de cartes permettant de vérifier la bonne compréhension de cette pathologie (mode de contamination, symptômes, complications, traitement, prévention).

Les résultats sont les suivants :

Date

Nombre d’enfants dépistés

Nombre de cas positifs

Prévalence

02/04

197

57

28,9 %

03/04

62

27

43,5%

Total

259

84

32,4%

En fonction de l’affluence, nous avons dépisté le nombre de caries (sur la 1 ère molaire ou dent de 6 ans) pour un futur projet dentaire de Clémentine FOUCAULT, dentiste de cette mission AMK.

Nombre

Pourcentage

0 carie

59

61,5 %

1 carie

20

20,8%

Plusieurs caries

17

17,7%

Total d’enfant dépistés

96

100%

  1. b.                      Collège public/CM

L’ensemble du collège a été dépisté sur la journée du 10 avril. Mr LY, très accueillant, a permis, aidé d’Augustin, d’organiser la journée afin de dépister l’ensemble des classes, principalement lors des heures de cours de SVT.

Classe

Nombre d’enfants présents

Nombre d’enfants dépistés

Nombre d’enfants positifs

Pourcentage

6ème A

34

33

3

9,1%

6ème B

40

39

13

33,3%

5ème A

29

27

3

11,1%

5ème B

33

33

10

30,3%

4ème A

37

37

9

24,3%

4ème B

42

40

15

37,5%

3ème

30

26

12

46,1%

Total

245

235

65

27,7%

Classe de 3ème

Plusieurs classes, où la prévalence est faible, auraient été dépistées 2-3 ans auparavant.

Une salle informatique est en cours d’installation avec la présence d’un vidéoprojecteur. Lors des prochaines missions, il serait intéressant de présenter un document power point sur la bilharziose, présentation plus attractive et instructive pour les jeunes de cet âge.

Il est à noter que la seule eau potable du collège est un puits avec une margelle, non couvert.

c.Collège catholique

La matinée du mercredi 11 avril nous a été nécessaire pour dépister les 4 classes. Mais, pour les prochaines missions  sœur Mary souhaiterait être prévenue  par mail de notre visite  afin qu’elle puisse organiser le dépistage en dehors des heures de cours.

Classe Nombre d’enfants présents Nombre d’enfants dépistés Nombre de positifs

Pourcentage

6èmeA

18

18

8

44,4%

6èmeB

17

16

1

6,2%

5èmeA

22

22

7

31,8%

5èmeB

24

21

6

28,6%

Total

81

77

22

28,6%

  • Eloubaline

Le dépistage n’étant pas prévu dans ce village, nous n’avions pas amené tout le matériel nécessaire pour le dépistage et le traitement de la bilharziose. Mais nous avons jugé qu’il était intéressant d’avoir une idée de la prévalence dans ce village et nous avons pu finalement l’organiser en redessinant le schéma de la bilharziose servant de base pour les explications, en utilisantles bandelettes urinaires de la pharmacie des consultations et une balance.

Une liste des enfants positifs a pu être établie. Nous avons fourni le lendemain, à l’infirmier du poste de santé de Karounat, les comprimés nécessaires afin de traiter les enfants positifs d’Eloubaline.

Nombre d’enfants dépistés

Nombre d’enfants positifs

Prévalence

52

15

28,8%

Il existe 3 mares au village : une dans le quartier de Batindou, de Yabatchin et de Djatchi. La bilharziose est donc présente au sein de ce village.

  • Youtou

Le dépistage a été improvisé au poste de santé dans l’habitation de l’agent de santé : 24 enfants ont été dépistés, 1 enfant était positif. Nous avons été aidés de traducteurs.

Nombre d’enfants dépistés

Nombre d’enfants positifs

Prévalence

24

1

4,1%

Le seul enfant positif venait du village d’Efoke. Le 2ème dépisté, de ce même village, était négatif. Sur Efoke, on retrouve une école primaire et un collège. Il est nécessaire d’aller en pirogue jusqu’à Youtou et de marcher pendant 3 km. La population sur place est plutôt instable.

  • Diakène Wolof

Le dépistage a été également improvisé. Il a réuni plus d’enfants, notamment du fait d’une annonce lors de festivités.

L’ICT, Abdou Karim Gueye (karimgueye@hotmail.fr) n’a constaté aucun cas de bilharziose sur Diakène Wolof. Cependant, le parasite est présent sur les îles alentours.

Nombre d’enfants dépistés

Nombre d’enfants positifs

Prévalence

114

5

4,3%

Voici une petite anecdote sur le sujet : un adulte nous a raconté qu’il ne connaissait pas la maladie de la bilharziose, enfant. L’hématurie était alors une fierté pour chaque enfant. Chacun pensait qu’il attrapait une « hématurie » en se mettant derrière les pots d’échappement des voitures… Et c’était donc devenu un jeu !

  • Kabrousse

a. Primaire

Le dépistage a eu lieu toute la journée du 12 Avril, aidé de Joseph, l’infirmier du poste de santé de Kabrousse, qui a assuré la traduction et personnalisé la présentation. Le directeur de l’école primaire Kabrousse 1 (en face de la sous-préfecture) nous a aimablement reçues.

Les classes CP b et CM1 b n’étaient pas complètes, leur instituteur étant absent ce jour.

Classes Nombre d’élèves présents Nb d’élèves dépistés Nb d’élèves positifs Prévalence

CP B

28

28

6

21,4%

CP A

10

10

2

20%

CE1 B

27

27

8

29,6%

CE1 A

26

26

5

19,2%

CE2 B

28

28

9

32,1%

CE2 A

29

29

18

62 ,1%

CM1 A

25

25

5

20%

CM1 B

15

15

1

6,7%

Total

188

188

54

28,7%

Il y a donc une nette amélioration de la prévalence. Celle-ci, en 2010, dans cette même école était de 49,27% (277 enfants dépistés, 136 positifs).

ECOLE

Dépistés

Positifs

Kabrousse 1 (2010)

277

136

49, 27 %

Collège/CM

Malgré notre rencontre et présentation auprès du principal du collège, la veille de notre journée d’action du 13 avril, les possibilités de dépistage des classes se sont avérées limitées : leur programme était chargé du fait de la reprise récente des cours suite à plusieurs grèves des enseignants.

Le principal nous a présenté le fonctionnement de son établissement : 601 collégiens répartis en 4 classes de 6ème, 2 classes de 5ème, 4 classes de 4ème, 4 classes de 3ème. Au Lycée, on retrouve 3 classes de seconde, 2 de premières et de terminale, soit 260 élèves au Lycée, qui n’ont pas été l’objet du dépistage de ce jour.

Les classes dépistées sont les suivantes, toujours avec l’aide de Joseph l’infirmier du poste de santé de Kabrousse :

Classes Nombre d’élèves présents Nb d’élèves dépistés Nb d’élèves positifs prévalence

6èmeB

28

27

6

22,2%

5ème B

53

52

16

30,8%

4èmeC

29

26

3

11,5%

3ème B

14

12

2

16,7%

Total

122

117

27

23,1%

La classe de 3ème n’a pas pu être dépistée complètement. Les élèves ne sont pas revenus à 15h comme prévu.

  • Concours de dessin sur Diembéring :

Grace à Alimatou, une des institutrices de Diembéring et à sa motivation, nous avons pu réaliser le concours de dessin sur le cycle de la bilharziose dans 2 classes (CE2 et CM2), dès le mardi de la rentrée scolaire. Nous avons procédé le lendemain à la remise des prix pour les gagnants, après les avoir tous remerciés de leur participation. Les petits ont reçu des tee-shirts et barrettes pour les filles, des  casquettes pour les garçons. Pour les plus grands, des casquettes ont été distribuées aux filles et des tee-shirts aux garçons .Un ballon gonflable a été remis à chaque participant.

Pour les prochaines missions, il faut penser à prévoir des petits cadeaux plus adaptés aux âges des plus jeunes élèves (vêtements pour enfants ou jouets).

  • En conclusion à propos de la bilharziose
  1. Points positifs

Malgré les vacances, nous avons pu dépister 1085 enfants sur les 14 jours. Il est donc possible de s’adapter en fonction de la situation locale.

De nouveaux villages ont pu être dépistés et ce fait a permis de constater que la bilharziose n’était que peu présente dans les villages de Diakène Wolof et Youtou ; au contraire d’Eloubaline où un dépistage dans les classes pourrait à nouveau être mené au vu des résultats. Il est donc nécessaire d’amener le matériel de dépistage, ainsi que les comprimés pour le traitement, lors de chaque déplacement dans les villages, et prévenir à l’avance le poste de santé du dépistage, afin de mobiliser une majorité d’enfants.

Pour tous les collégiens, quelques photos du power point ont pu être visualisées sur l’ordinateur portable, en plus du schéma classique. Les élèves étaient très attentifs et cela leur permettait de mieux cerner le parasite et certaines de ses conséquences. Il faut penser à généraliser cette action, d’autant plus que les collèges s’équipent progressivement en informatique. Là encore, notre visite doit être annoncée au principal afin de faciliter l’organisation de la présentation et du dépistage.

Joseph, l’ICT de Kabrousse, a été très dynamique. Il nous a accompagnées lors de toute la mission sur son village pendant les 2 jours; il a permis la traduction dans les écoles et nous a donné l’exemple d’une causerie dynamique, participative avec les enfants du primaire.

  1. Points négatifs

Pour le programme il est nécessaire de se renseigner auparavant sur les jours fériés et les vacances scolaires pourune meilleure organisation et un étalement des journées de dépistage.

Au primaire, il faut absolument un traducteur car les enfants ne comprennent que très peu le français. Il en est de même au collège de Kabrousse.

Sur Kabrousse, Joseph, l’ICT était certes très efficace au primaire (nous en avons signalé au paragraphe précédent l’aspect positif), mais nous nous sommes, de ce fait, un peu effacées. Il faisait de longues explications, et après quelques classes, nous ne faisions même plus les interventions en français. Nous étions présentes seulement pour lister les élèves et noter les résultats. C’est un point à revoir avec lui,  afin qu’il diminue son temps de parole pour permettre les explications dans les 2 langues.

Dans les collèges, les jeunes adolescentes avaient des difficultés à avaler les comprimés, même en les coupant et cela leur déclenchait des nausées voire parfois des vomissements (traitement recraché). Il vaut mieux parfois s’isoler avec elles, pour qu’elles prennent tranquillement leurs médicaments.

Au collège, l’annonce de positivité de la bandelette urinaire causait quelques rigolades dans la classe, situation que nous n’avons pas vue dans le primaire.

Un adolescent de 14 ans est revenu en consultation 3 jours après le traitement par Praziquantel devant la persistance d’une hématurie et d’un écoulement urétral. Il a donc été traité secondairement pour une IST. Pour les collèges, il est nécessaire d’évoquer les IST dans les causes d’hématurie/écoulement urétral persistante malgré le traitement pris.

Il faut signaler aussi que, pour les jeunes filles dont la bandelette urinaire était positive, la question de la présence des menstruations a été posée systématiquement. Quand le cas s’est présenté, nous leur avons laissé une bandelette afin de refaire le test quelques jours après, en leur indiquant la couleur signalant la présence de sang dans les urines, et la nécessité, alors, de consulter au poste de santé afin de recevoir le traitement de Praziquantel.

  1. 2.      Causerie sur les IST avec les jeunes du campement ASSEB :

Cette causerie n’était pas prévue et a donc été improvisée. 10 à 15 personnes étaient présentes, d’âge compris entre 16 et 30 ans. Elle était constructive, ouverte. Nous leur avons distribué des petites fiches d’information sur les IST, les modes d’emploi des préservatifs. Nous avons organisé des discussions autour de leurs questions.

Ils ont été demandeurs d’une distribution plus large de préservatifs au poste de santé (problème évoqué de la faible implication de l’infirmier du poste de santé, que nous n’avons pas pu authentifier) plus qu’en d’autres points de distribution (préservatifs vendus dans certains petits commerces). Une présentation simple projetée sur les IST dont le SIDA leur parait intéressante lors de prochaines missions.

Nous leur avons laissé quelques préservatifs.

  1. 3.      Causerie avec les femmes

 D’Eloubaline :

Elle a été improvisée, et proposée à l’agent de santé à notre arrivée, ayant comme thèmes, la bilharziose et les IST. Mais il semblerait que notre présentation sur les IST ait inquiété et alerté l’agent de santé et les femmes sur leurs problèmes personnels. L’agent de santé a donc décidé d’interrompre la causerie afin de procéder à des consultations gynécologiques des femmes présentes. Mais nous avons alors été confrontées à deux problèmes : un afflux inattendu de patientes aux motifs de consultations bien plus larges et flous que des problèmes gynécologiques, alors que l’équipe médicale était sur le départ. Il était 16h30 (matériel rangé, équipe à l’embarcadère des pirogues), la journée de consultation avait été, par ailleurs, assez calme. L’autre point était un problème de traduction évident causant une incompréhension entre médecin et patiente.

Chaque médecin (Dr Christelle BAILLET et Dr Valérie GARAMBOIS) a donc réalisé 2 ou 3 consultations seulement, faute de temps, de manque d’organisation (salles d’examen sombres, dans les chambres du  campement pour touriste, pharmacie peu accessible), et des motifs multiples, peu gynécologiques (hémorroïdes, cystite, lombalgie…).Suite à cette expérience, il parait très souhaitable d’insister sur la communication avant la venue de la mission, afin de pouvoir organiser au mieux les consultations tout au long de la journée, et de prévoir d’orienter les femmes vers des médecins-femmes pour les problèmes féminins, avec une traductrice pour chacune. La causerie à Eloubaline n’est peut être pas un point à renouveler car la communication n’y est pas facile.

Lors d’une causerie, il est nécessaire d’informer les participants qu’aucune consultation ne sera réalisée ensuite.

Avons-nous utilisé des termes compliqués, non connus ? Notre intervention a-t-elle était mal traduite ? Nous ne savons pas ce qui a déclenché l’ensemble de ces consultations, mais nous avons compris qu’elles avaient chacune des interrogations et que leur propre anatomie génitale était mal connue. Avant de parler des IST, il est nécessaire d’expliquer simplement l’anatomie féminine. La causerie à Eloubaline n’est peut être pas un point à renouveler car la communication n’y est pas facile ou doit être préparée lors d’une prochaine mission (discussion avec un ICT sur les IST et leurs symptômes auparavant).

  • Dans l’association des femmes de Diembéring :

La causerie a été organisée avec Ndeye. Celle-ci a plusieurs activités importantes au sein du village de Diembéring : laborantine au poste de santé, planification familiale, vaccinations, pesée des enfants tous les mois aidée par les personnes du relai communautaire (rôle dans le relais des informations, l’organisation de causeries, les visites à domicile…)

La réunion a commencé à 18h avec 1h de retard, en présence de 7 participantes, faisant essentiellement partie du bureau de l’association.

Le premier thème abordé était la bilharziose. Le schéma du cycle leur a été présenté, suivi du power point réalisé par le Dr Didier BASSET. Ndeye traduisait en Djiola.

La présentation a semblé les intéresser. Elles appréciaient notamment toutes les illustrations et photos, la majorité ne sachant pas lire. Il faut donc penser à simplifier au maximum le message du power point transmis.

Ndeye nous a évoqué leproblème des enfants de Nikine : la majorité des enfants présente des hématuries. Elle dépiste bien ces enfants qui se présentent au poste de santé, mais, d’après elle, leur traitement n’est pas possible du fait du coût des comprimés. Nous leur laisserons donc quelques boites à leur disposition, et leur parlons du programme de l’OMS.

Le deuxième thème abordé a été l’anatomie féminine de la femme, avec des dessins à l’appui. Grace à cette discussion, elles nous ont signalé le fait que les problèmes féminins ne sont pas évoqués entre mère et fille, car l’anatomie, le cycle de la femme sont pour elles des sujets méconnus. Elles savent que le sujet est abordé au cours du cursus scolaire (en 4ème). Ndeye, responsable de la planification familiale, nous parle de son exemple personnel : le sujet a été évoqué à l’âge de 10 ans avec sa fille.

La réalisation de présentations visuelles nous parait souhaitable sur tous ces sujets et les femmes en sont aussi demandeuses. Le sujet de l’anatomie féminine semble les avoir particulièrement intéressées.

Elles n’ont pas été choquées des images très détaillées de l’anatomie de l’appareil génital de la femme que nous avions amenées, et nous ont remerciées de leur présenter ce sujet, avec ce support de schémas. Les questions ont été pertinentes.

Elles nous ont incitées à organiser une causerie avec les jeunes filles au collège privé, en plus de celle de l’internat.

Ndeye pense que des discussions sont aussi possibles, pour de prochaines missions, sur l’hygiène et l’eau potable (Boites d’Aquatabs souhaitées), la contraception et les IST.

  1. 4.      Causeries avec les jeunes filles

 A l’Internat des jeunes filles de Diembéring :

La causerie s’est organisée après l’accord de Joséphine, responsable de l’internat et de Christine, sage femme à la maternité de Diembéring. Nous les avions rencontrées la 1ère semaine afin de décider des sujets à aborder (puberté, IST), de leur montrer les brochures et schémas disponibles. Nous avons proposé une organisation différente des précédentes interventions: afin de répondre le mieux possible  à leurs attentes sur des questions personnelles, Joséphine leur a fait précédemment écrire, une question, chacune et de façon anonyme, autour des thèmes retenus. Ces papiers ont été déposés dans une boite puis lus au cours de la soirée de causerie. 2O jeunes filles étaient présentes autour de Joséphine et Christine. Nous avons répondu aux interrogations de chacune et élargi un peu l’information autour de chaque question. Ainsi de nombreuses demandes ont concerné les problèmes féminins, notamment les règles, les pertes, l’hygiène, l’anatomie féminine et la puberté. Les sujets suivants ont aussi été traités : comment éviter les grossesses, les IST, les causes de stérilité. Enfin nous avons répondu aux questions posées sur la tuberculose et la bilharziose, et nous avons dépisté les quelques jeunes filles qui ne l’avaient été dans les collèges de Diembéring (6 jeunes filles, toutes négatives). La causerie a duré environ 2h.

La présence de Christine, la sage-femme, a été nécessaire lors de cette intervention car elle a permis de préciser certains concepts, des définitions de mots que nous pensions acquis comme la « contraception » peu employée en Casamance. Ce sujet est plutôt abordé sous le nom de « planification ». De plus, connaissant les habitudes des jeunes filles, les conséquences des grossesses précoces sur leur vie , cela a permis d’appuyer nos propos.

  • Au Collège Catholique :

Cette causerie a été improvisée suite à la demande des femmes de l’association. Nous avons discuté avec sœur Mary des sujets que nous souhaitions aborder et elle nous a laissé libre des thèmes et des documents présentés. Les sujets ont concerné l’anatomie féminine, la puberté puis plus largement les règles (signification, douleur…), la contraception, les IST. Nous avons pu constater que seules quelques jeunes filles posaient des questions. Il parait donc intéressant d’organiser, pour une prochaine fois, la causerie autour de questions anonymes, comme celle de l’internat de jeunes filles, avec peut être, l’intervention de Christine pour permettre une meilleure compréhension des sujets abordés.

Une causerie avec les jeunes hommes peut s’avérer aussi intéressante, en privilégiant, peut-être, l’animation de cette réunion par un médecin ou infirmier de sexe masculin, car les jeunes de cet âge semblent plus gênés que les adultes pour aborder ces sujets.

  1. 5.      Autres besoins

Au cours de nos rencontres et causeries plusieurs besoins ont pu être identifiés :

  • Alimatou, l’institutrice de Diembéring, souhaite avoir quelques livres :

– Pour les petits : des livres imagés

-Pour les plus grands : des livres écrits par des auteurs africains, et d’autres sur les animaux

-des livres et posters sur la santé et notamment concernant l’hygiène

-des documents sur l’hygiène dentaire, ainsi que des brosses à dents

-des cartes du monde, de l’alphabet

Alimatou, a proposé la formation des instituteurs sur les sujets sensibles, pour qu’ils puissent transmettre et informer les enfants sur ces sujets : maladies, alimentation, hygiène, environnement.

Christine, sage femme à la maternité :

-Des calendriers de poche, afin de noter les dates des menstruations des jeunes filles

  • Le comité des femmes :

-Des tablettes d’Aquatabs

  • Les jeunes du campement et du collège :

-Des préservatifs masculins plus facilement disponibles au sein de Diembéring

  • Certains adultes rencontrés nous ont demandé d’organiser un dépistage sur la bilharziose, notamment pour les femmes allant chercher de l’eau, faisant la lessive dans ces mêmes mares où leurs enfants se baignent.

Un des professeurs de SVT et l’ICT de Diembéring nous ont demandé d’aborder les thèmes sur l’hygiène, l’environnement.

 6.      Conclusion :

Après deux semaines passées avec l’association AMKassoumaye, notre impression est tout à fait positive. Nous avons essayé de suivre au mieux le programme initial, malgré les imprévus engendrés par la période de vacances scolaires, et de garder l’esprit des missions précédentes. Au gré des rencontres, nous avons parfois élargi le programme notamment autour de diverses causeries qui nous ont paru tout à fait constructives. Le travail de la prévention est bien sûr nécessaire autour de la bilharziose, mais il nous semble pouvoir être élargi notamment autour des thèmes concernant la sexualité, la contraception, les IST… Les problèmes d’hygiène alimentaire ou autres peuvent être aussi intéressants à traiter. Pour les adultes, les adolescents, des supports informatiques pour la présentation (PowerPoint) paraissent être particulièrement appréciés, et le développement informatique dans les collèges peut permettre de l’envisager à l’avenir. Pour que la mission se déroule le mieux possible, il est nécessaire, de prévenir les personnes référentes sur place avant notre venue et de prendre le temps de les rencontrer dès notre arrivée, afin de les impliquer, d’organiser le dépistage et surtout de préparer les discussions.

Cette mission de prévention est un moment d’échanges et de partage de nos connaissances, permettant d’adapter nos discours et nos actes aux coutumes locales.

Ce fut une première expérience pour nous deux et nous avons apprécié de suivre et de pouvoir partager nos ressentis quotidiens, notre travail avec l’équipe de soins. L’ambiance de la mission était très conviviale. Nous avons pu profiter, avant le départ, du travail de certains participants aux missions précédentes de santé publique, par le biais de rencontres, de compte rendus et notamment de celle de Didier et Annie BASSET qui ont établi les liens entre nous. Nous espérons maintenant pouvoir la partager avec d’autres, participer à la préparation de futurs projets de prévention en santé publique. C’est un bien large domaine!

Cap Skirring, l’équipe d’AMK 2012

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