Quelques nouvelles de la mission de mars 2017

La seconde mission de l’année s’est déroulée du 19 mars au 2 avril dernier 

Cette fois notre équipe était plus légère : deux médecins seulement, deux dentistes, trois infirmières dont l’une nous a rejoint la dernière semaine, un pharmacien, un logisticien, auxquels se sont ajoutés Ibou, assistant à la pharmacie, ainsi que Fatima et Maïmouna, assistantes dentaires.

Marie-Sylvie MASSIE, présidente de l’association, a également apporté son concours à cette mission.

Le choix a été fait cette fois de consulter plutôt dans de petits villages isolés

Mais nous sommes allés également dans deux gros villages, Diembering  et Elinkine, dans chacun desquels nous avons consulté pendant deux jours avec une fréquentation moyenne quotidienne de 80 personnes. Dans les petits villages, Boudiediet, Wendaye, Cachouane, Santiaba Wolof, Djiromaït et Boukotte, 45 à 83 personnes sont venues consulter.

La préparation de notre venue par la communauté villageoise est de mieux en mieux adaptée 

Dans la majorité des villages les salles de consultations étaient déjà prêtes à notre arrivée. Les ticketteurs, souvent des jeunes, chargés d’inscrire les patients et d’encaisser le forfait consultation pour le compte du comité de santé du village, s’étaient organisés. L’attente des patients était prévue suffisamment loin des salles de consultation pour éviter la nuisance causée par le bruit des conversations.

Comme toujours, les femmes nous ont préparé de très bons repas.

Ces conditions de coopération sont essentielles pour une bonne efficacité de nos interventions.

533 consultations médicales

 La prise en charge des pathologies courantes et le suivi des traitements au long cours par les structures sanitaires sénégalaises sont en constante amélioration, et nous découvrons moins de pathologies chroniques, d’amibiases et de plaies torpides qu’il y a quinze ans.

Nous nous trouvons de plus en plus devant des cas plus complexes, que les infirmiers chef de poste ne peuvent diagnostiquer. Plusieurs pathologies « lourdes » ont ainsi pu être diagnostiquées, et les patients ont pu être signalés et orientés vers les spécialistes.

Les hypertensions sont très souvent déjà dépistées et traitées, bien que les traitements encore trop souvent arrêtés du fait du manque de moyens ou du manque d’information sur les risques : il faut passer beaucoup de temps à expliquer et argumenter !

Et 324 consultations dentaires ont été effectuées pendant cette mission

Les dentistes ont encore dû procéder à 386 extractions. Ils ont pu effectuer sur place 54 soins conservateurs, rendus possibles grâce au matériel prêté par le conseil de l’ordre du Calvados que nous remercions vivement. Seuls sont effectués sur place les  soins simples réalisables en une seule séance. Les patients qui nécessitent des soins plus complexes sont adressés au cabinet dentaire de l’association Doma Doma à Cabrousse avec lequel nous avons développé une étroite collaboration.

L’état bucco-dentaire de la population et notamment des enfants est alarmant : Le Docteur Senghor, médecin chef  du district d’Oussouye, fait de la prévention bucco-dentaire, une de ses priorités.

Une équipe composée d’un dentiste, d’une infirmière spécialiste de prévention dentaire, et d’une de nos assistantes dentaires a mené dans chaque village une action en direction des enfants scolarisés en primaire. Cette action s’est déclinée sur deux axes :

1 / Dépistage systématique et comptage des caries sur les dents de 6 ans, suivis des soins conservateurs nécessaires. L’état dentaire de 360 enfants a été contrôlé. Pour plus de deux tiers d’entre eux, des dents de 6 ans étaient cariées ou déjà absentes.

2 / Initiation au brossage des dents et conseils sur l’hygiène alimentaire avec traduction dans la langue locale par notre assistante et distribution de brosses à dents.

Nous avons demandé aux enseignants de mettre en place au sein de leur classe une activité biquotidienne de brossage des dents. La plupart ont accepté avec un intérêt réel.  Dans chaque classe, une ou un élève responsable du brossage a été choisi par ses camarades.

La prochaine mission est prévue en novembre, mais nous continuons de suivre activement plusieurs projets

Une convention partenariale vient d’être signée par la Mairie, l’association Doma Doma et AMK pour la création et le  fonctionnement du cabinet dentaire d’Elinkine soutenu et validé par le Dr Senghor. Nous recherchons des moyens d’acheminement de l’équipement du cabinet.

Nous recherchons des fonds pour l’achat d’un appareil radio dentaire portatif, de brosses à dent et de petit matériel médical.

Nous suivons le projet d’installation de la garderie dans un local adapté.

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’avancée de ces projets !

Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à nos action et pour votre soutien.

A bientôt !

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Quelques nouvelles de la mission de janvier 2017

L’équipe franco-sénégalaise :

Quatre médecins dont une diabétologue, deux dentistes,  un pharmacien, deux assistantes sociales (en pré-consultation) et deux logisticiens. Notre équipe s’est enrichie sur place de deux assistantes dentaires et d’un assistant auprès du pharmacien.

Le Dr SENGHOR  médecin chef à l’hôpital départemental d’Oussouye  et le Dr SAMBOU, son adjoint ont  apporté leur renfort lors de deux journées de consultation. Le Dr Alexandre JOUINI, en vacance en Casamance,  a également consulté avec nous une matinée.

Le programme de consultation avait été décidé avec le Dr SENGHOR

De gros villages comme Diembering, Cap Skirring, mais également de petits villages isolés nécessitant parfois de longs trajets en pirogues avec tout le matériel dentaire et les caisses de médicaments.

Comme toujours, les logisticiens avaient en amont préparé la venue de l’équipe avec les infirmiers chefs de poste (ICP) et les comités de gestion des postes de santé (prévision de l’organisation matérielle, information des populations, …)

Déchargement du matériel et des médicaments

 Notre intervention ne serait pas possible sans la contribution de l’ensemble de la communauté villageoise :

Le comité de santé est un partenaire incontournable, de même que les ICP, les agents de santé communautaires, les sages-femmes, les relais de santé, les matrones qui ont souvent participé très activement au bon déroulement de la journée. Des jeunes du village sont souvent intervenus en tant qu’interprète.

Les femmes nous préparent de délicieux repas :

A Youtou les gens étaient particulièrement nombreux à nous attendre parfois depuis très tôt le matin, certains venus de Guinée Bissao. Les femmes du village avaient fait en sorte de préparer assez de riz pour pouvoir aussi nourrir ces personnes venues de loin.

Près de 1000 consultations ont été effectuées soit un apport de 741 900 CFA  (1150 €) aux comités de santé : 410 consultations médicales et 277 consultations dentaires

Les patients paient un forfait « consultation / médicaments » dont le montant est décidé par le comité de santé. Ce dernier peut fixer des tarifs préférentiels pour les enfants, ou décider de la gratuité pour des personnes nécessiteuses.

En fin de journée, un rapport est établi pour  transmission au Dr SENGHOR et présentation du bilan à tous.

Bilan en fin de journée

Des objectifs médicaux qui s’inscrivent dans la politique de santé sénégalaise

Avec l’évolution des conditions de vie et la mise en œuvre des politiques de santé, le Sénégal connait une transition épidémiologique.

Les pathologies infectieuses et parasitaires régressent ; de nouvelles pathologies apparaissent telles que le diabète, l’hypertension qui font aujourd’hui l’objet de programmes de santé publique spécifiques.

Hélène CHACRON, médecin spécialisé en diabétologie, a été amenée à consulter plus particulièrement les patients en surpoids, souvent des femmes jeunes, 4 à 5 par village chez lesquelles un diabète a été découvert et plus rarement, diabétiques déjà connues.

Consultation médicale

La mission de janvier a été l’occasion de commencer à expérimenter le projet de travail en binôme des médecins avec les ICP

Les Dr Benoit GARCON et Lydia BRISPOT ont ainsi partagé trois matinées de consultation, chacun avec  un ICP,  dans l’objectif de partager leur compétence dans l’approche clinique pour un meilleur diagnostic des pathologies.

Les dentistes ont pu faire quelques soins conservateurs

Mais les avulsions sont malheureusement très souvent inévitables.

Consultation dentaire

Le travail de prévention bucco-dentaire se poursuit

Les dentistes ont rencontré les enseignants des écoles des villages où nous avons consulté leur proposant d’intégrer le brossage des dents à l’école, en leur remettant des brosses à dent.

Les enseignants ont été très réceptifs à cette proposition, la mettant parfois en œuvre le jour même !

Des séances de prévention bucco-dentaire ont également été tenues dans certains villages.

Ces séances ont été suivies avec beaucoup d’attention par la population, à tous les âges !

Séance de prévention bucco-dentaire

 En lien avec l’association Doma Doma, le projet de création de cabinet dentaire à Elinkine avance.

Ce cabinet serait installé dans un local jouxtant le poste de santé. Il devrait permettre à la population des  environs et notamment des îles l’accès aux soins conservateurs.

Une réunion de tous les acteurs concernés, mairie, Dr SENGHOR, ICP, Doma Doma, AMK, s’est tenue le 12 janvier avec le technicien de l’association Doma Doma. Ce dernier a pu valider la faisabilité dans le local et faire rapidement les plans d’aménagement qui ont à la suite permis d’établir le devis.

Le challenge sera ensuite d’assurer le budget de fonctionnement et les ressources humaines suffisantes.

Réunion à Elinkine

Les relations avec Casamasanté, association intervenant à Cap Skirring, essentiellement en santé de prévention scolaire, se poursuivent.

L’équipe de Casamasanté suit les jeunes filles qui résident à l’internat de Diembering.

Lors des consultations, des orientations de jeunes patients ont été faites vers Casamasanté en vue de consultations spécialisées.

Enfin, une rencontre avec M. le Maire de Diembering nous a rassurés sur l’avenir de la garderie initiée par Alimatou

Alimatou, enseignante à l’école primaire, a créé l’association « l’enfant mon trésor » comme support juridique de la structure.

Cette garderie qui accueillait à son début 50 enfants et qui en accueille aujourd’hui 130 rend un immense  service à la population de la commune.

La mairie de Diembering envisage des travaux dans un local qui lui sera dédié, et AMK en assurera l’équipement.

Le futur local de la garderie avant travaux

 

Bref, les projets ne manquent pas, l’action se poursuit au plus près des habitants de la région, et en lien avec les acteurs locaux sans lesquels elle serait bien moins efficace !

Notre action se poursuit également grâce à vous et à votre soutien financier absolument indispensable. Merci à vous

 

Contactez-nous sur : a.m.kassoumaye@gmail.com

Compte-rendu mission de Santé Publique novembre 2015

COMPTE RENDU   MISSION   SANTE PUBLIQUE AMK                                                                             (21 novembre         –        5 décembre 2015)

Réalisé par le Docteur Didier Basset   avec la participation des Docteurs Marie-France  Frutoso et Elisabeth Picou

Participants : Docteur Didier Basset, chef de mission, –  Annie Basset, biologiste,               – Docteur Marie-France Frutoso, anthropologue, – Docteur Elisabeth Picou, biologiste, -Pauline Bouret, technicienne de laboratoire.

Objectifs de cette mission :

1     Evaluer l’impact de la campagne de masse du service national de santé effectuée  avant l’hivernage 2015

2      Multiplier les actions de Communication pour Changement de Comportement  (C.C.C.) ; évaluer celles qui semblent avoir le plus d’impact.

3     Chercher à comprendre le schéma épidémiologique et son évolution par rapport à 2005.

Programme :

programme1 La prévalence :

            Depuis 2012, le Sénégal a été retenu avec 4 autres pays africains comme objectif prioritaire dans la lutte contre 5 maladies négligées dont la bilharziose. A ce titre, le pays bénéficie d’un traitement de masse annuel contre cette maladie depuis 2012. Cette année-là, des effets indési-rables dus à un générique chinois ont obligé d’interrompre la campagne. Depuis,    chaque année, le pays, dont la Casamance, bénéficie d’un traitement annuel).

              AMK intervient donc, maintenant, en complément de cette action. A partir de l’an prochain, la responsable nationale de ce programme, Mme Fatou Badiane a proposé à nos équipes de nous associer à l’exécution de ce programme de lutte).

           L’étude a été centrée sur les deux gros foyers à l’origine de l’action  d’AMK: Diembering et Cabrousse ainsi qu’au village de Nikine qui avait eu par le passé une forte prévalence. Seule, une classe correspondant à  chaque tranche d’âge a été tirée au sort et retenue du CI à la 3eme.

Tableau des résultats :

CabrousseDiembering         Cabrousse : l’action combinée d’AMK et des campagnes de masse gouvernementales (depuis 2012) donne des résultats spectaculaires : 7% à comparer aux 67 % au début  de la campagne de lutte en 2001.

              –  Diembering : les résultats,  bien qu’encourageants, ne sont cependant  pas à  la hauteur des efforts entrepris depuis 15 ans. La prévalence est encore de 17 %. Par rapport à la valeur initiale de 45 %, c’est un résultat non négligeable mais dès 2004, elle était déjà de 14 %. Surtout, il y a une grande disparité qui ne correspond pas, comme au début de l’étude, aux tranches d’âge. 3 classes se distinguent : le CE1 et le CM1 de l’école publique 1 et la 5ème du C.E.M. qui font augmenter le taux de prévalence.  Pour les autres classes, on observe les mêmes bons résultats que sur Cabrousse.

            Tous les élèves dépistés positifs ont été traités par praziquantel en traitement-minute à  la dose de un comprimé pour 15 kgs de poids. Du fait de l’intervention du programme national avant l’hivernage, nous n’avons pas bénéficié de la dotation nationale. Pour éviter les « occasions manquées « , nous avons utilisé une boîte de 200 cps fournie par AMK, ce qui nous a permis de traiter 89 enfants, soit une moyenne de 2,25 cps par enfant.

2 Les techniques de CCC

Plusieurs actions ont été  menées et adaptées à l’âge des enfants :

–  A chaque dépistage, un rappel des risques et suivi de l’interprétation d’un jeu de cartes avec   les élèves.

jeux      -Concours de dessins sur le thème de la transmission pour les petites classes (CP et CE1)                                                                                                                                          -Saynète au Collège avec le professeur de SVT; elle n’a pas pu être réalisée pendant notre trop court séjour mais sera proposée pour les fêtes de fin d’année scolaire.                              – Chanson : « Oh! bilharziose, c’est dangereux… » réalisée en collaboration avec un chanteur local, Denis Diatta et interprétée devant les élèves de l’école  primaire n 1 de Diembering.

         Denis Diatta interprétant la chanson « Oh ! Bilharziose, c’est dangereux… »

Denis 3       Le schéma  épidémiologique :

         Dans les premières années,  nous étions partis sur le constat d’une transmission principale par l’eau des mares faisant suite  à  la saison des pluies avec la problématique des « mares sacrées » de Cabrousse Mossor. Cette  problématique a été confortée en 2012 par la reprise de la transmission à Diembering à  la suite de la création d’une nouvelle mare où  les enfants pêchaient les silures.

escargots                                                             

         Cette année, la recherche des Bulins, hôtes intermédiaires, a été infructueuse dans les mares ; par contre, très prolifique dans les rizières,  ce qui relance un questionnement constant sur l’intensité de la transmission dans ces lieux incontournables pour la population. Il s’agit toujours de Bulinus truncatus; les exemplaires trouvés étaient particulièrement gros et leur ouverture, déjà scellée pour préparer l’enfouissement dans le sol. Il n’y avait plus de risques de transmission dès lors.

         La recherche des cercaires en laboratoire a été négative et s’explique probablement par la faible prévalence actuelle.

4        Le questionnaire : ce dernier avait été préparé afin de recueillir des informations, côté adultes, sur leur perception de la maladie. Une ébauche a été tentée auprès des femmes deDiembering. Il s’est avéré, vite, trop complexe. A l’avenir, il faudra qu’il soit plus simple dans sa formula tion. De plus, il faudra tenir compte de la notion de différence de symboles entre les diola et nous : notre implicite n’est pas  leur implicite, d’où l’importance de trouver une pensée commune, un discours et des objectifs communs (M.F. Frutoso).

 Il en ressort, néanmoins quelques points intéressants qui seront notre conclusion :           – Les actions d’AMK sur les enfants et la bilharziose restent très peu connues de la population. Il n’y a pratiquement pas de communication entre les enfants et les adultes. Pour la majorité de la population adulte, la transmission de la maladie se fait toujours par l’ingestion de l’eau de boisson. Elle n’est pas une maladie grave car toute la famille, depuis des générations, a eu la bilharziose. Ce peut être, même, une fierté pour la maman qui voit son fils uriner rouge et assimile ce symbole à l’adolescence. Et puis, il y a l’approche traditionnelle à travers le kataf (fétiche) du javelot.                                                                Pour les rizières, loin des latrines, il est important de porter le message de ne pas uriner dans l’eau mais, éventuellement sur un terre-plein sec pour minimiser les risques.

Il reste donc beaucoup d’efforts de communication à faire.

            Cela implique la nécessité de rechercher les personnes « clé » du village et impliquer les chefs de quartier, les responsables des femmes, leur faire comprendre les dangers potentiels et les inciter dans leur domaine de compétence, par exemple,  à faucarder les mares et améliorer l’hygiène.

-Il faudra à l’avenir identifier des relais possibles pour passer les informations et susciter les bonnes pratiques à développer afin d’éviter la reprise de la transmission et prévoir la formation de ces relais, qui seront aussi bien des hommes que des femmes puisque la notion du Genre intervient fortement dans cette société.

     Il serait souhaitable de réaliser à nouveau une enquête d’incidence informant de la dynamique de transmission, cette dernière était encore importante en 2012 (24 %, un enfant sur quatre se contaminait pendant la saison de transmission, la saison des pluies).

      Cette mission marque la fin des campagnes exclusives d’AMK sur la bilharziose. Les prochaines missions devront se faire en liaison étroite avec les équipes du programme de lutte contre les maladies négligées du Sénégal auxquelles on nous a proposé de nous associer.

 

Compte-rendu médical mission décembre 2015

Compte rendu médical de la mission AMK
du 28 novembre au 13 décembre 2015

        Seconde mission de l’année 2015, cette mission s’est déroulée sur 2 semaines, 9 jours de travail, 8 villages visités dont certains pour la première fois.

L’équipe était constituée de 14 intervenants :
– 4 médecins : Dr Meyssonnier Lacroix, médecin généraliste, chef de mission, Dr Escourrou Antoine, rhumatologue, Dr Flageollet Myriam, médecin généraliste, Dr Guiet Annaëlle, médecin généraliste. N’oublions pas le Dr Ndiaye Ousmane qui s’est joint à nous à plusieurs reprises, quand son activité le lui permettait, nous aidant lors de « coups de feu » et de bon conseil pour l’orientation de patients à référer.
– 1 infirmière : Fiorentini Françoise,
– 2 dentistes : Dr Erhart Anne, Dr Pernet Christine,
– 1 pharmacien : Jeannot Patrice,
– 3 logisticiens : Canivet Hervé, président AMK, Fiorentini Jean-Pierre, Massie Marie-Sylvie, – 3 assistants locaux : Ibu, sans rôle précis…, deux assistantes dentaires, présence justifiées du fait des soins conservateurs mis en place pour la première fois, grâce à Christine Pernet qui a apporté la « valise de soins » prêtée par le Conseil de l’Ordre des Chirurgiens-Dentistes du Calvados.

Planning

         Les journées de dimanche et lundi nous ont permis de faire le point sur le stock de médicaments (stock restant + stock commandé), de mettre de l’ordre, trier le matériel entreposé et nettoyer le local. Le petit matériel, entreposé depuis quelques années et inutilisé, a été vérifié/voire jeté si OUT ! (l’ECG repéré en mars ne fonctionne pas).

Lundi soir réunion d’information pour les nouveaux intervenants sur les conditions de travail et d’exercice, les difficultés que l’on peut rencontrer, le manque de moyens diagnostiques et même thérapeutiques (explorations, analyses … mais aussi financiers pour les patients à qui on les prescrit). J’ai essayé d’expliquer, en donnant 2 à 3 exemples. Mais difficile de transmettre son expérience en quelques mots, et pour les nouveaux venus d’entendre ce discours sans l’avoir expérimenté. On pourrait peut-être établir des fiches de pathologies, problèmes rencontrés, traitements disponibles … ? On attend les idées !

Mardi 1er décembre début des consultations à Djembering puis dans les villages selon le planning prévu, entrecoupé d’un WE de repos complet pour tous, sauf pour nos valeureux dentistes qui ont travaillé les 2 samedis matin, pour s’occuper des enfants devant être vus par Christine, chez le Dr Penot, après le départ de la mission.

Maintien de l’organisation des consultations, avec éloignement des patients attendant d’être reçus, prise de TA et pesée, voire prise de température si besoin, par Françoise qui, seule, a réussi à assurer le tout sans oublier la vente des lunettes, quelques pansements, injections, bandelettes … et ce sans se départir de son sourire. Merci à elle.

Lors de notre séjour à Oussouye nous sommes allés à l’hôpital voir le service de pneumologie qui rend de grands services pour la recherche de BK (y compris tubage), la radiologie, prévue à l’origine pour la pneumo, mais aussi utilisée pour la traumatologie.

Myriam, Annaëlle et Françoise ont passé une soirée à l’internat pour une rencontre information /sensibilisation /échange, toujours très appréciée autant par les intervenants que par les jeunes filles qui ont de nombreuses questions. Elles ont été raccompagnées de nuit par toutes les filles qui ont chanté tout le long du chemin !

A Siganar, « petit village » visité pour la première fois, il n’y avait pas beaucoup de monde à notre arrivée, et nous pensions voir assez peu de patients. Aussi nous avons profité de l’occasion, puisque nous devions travailler dans la case de santé et des classes du collège, pour faire la même chose qu’à l’internat. Myriam et Anaëlle ont su répondre avec modération et perspicacité aux questions, parfois quelques peu étonnantes des ados !

Nous avons rencontré le Dr Badiane, qui a pu répondre à quelques-unes de nos interrogations sur nos possibilités /moyens /objectifs de travail. Ce point sera développé plus bas.

A Djembering, collaboration avec un pédiatre italien et un ophtalmo qui ont vu respectivement 21 enfants et 15 patients.

Bilan d’activité

– Premières plaintes : la rhumatologie (douleurs de tout le corps), les brûlures gastriques, les problèmes ophtalmo : prurit oculaire (on observe de nombreux ptérygions), mais aussi presbytie et cataractes (ou suites diverses d’intervention de cataractes !). Aucun cas de trachome dépisté cette année, je suis rassurée ! Mais le Dr Badiane m’a appris la mise en route d’une campagne d’information /formation et de prise en charge de cette affection. Beaucoup de dermatoses après l’hivernage et les travaux des champs.

– Puis viennent les autres pathologies retrouvées grâce à l’interrogatoire et à l’examen systématique que nous faisons à tous les patients, par ex HTA (nombreux traitements interrompus), problèmes gynéco, diabète, goitre, voire SIDA.

– Peu de pathologies ORL et pulmonaires bégnines mais toujours des cas de suspicions et/ou diagnostics confirmés de tuberculose.

– Quelques cas de filarioses (larva migrans chez des enfants, lymphœdème chez une femme guinéenne). Heureusement nous avions pu avoir de l’IVERMECTINE auprès de Boubacar, ICP à Djembering.

– Les quelques diabétiques non insulino-dépendants vus sont très mal équilibrés, et nous avons toujours le problème du suivi et des examens complémentaires pour évaluer les complications (rein, rétine, artères…) quant à la diététique… ?!

– Les patients nécessitant un suivi ont été signalés ou présentés à Ousmane. Ils sont notés dans le cahier de liaison.
Problèmes rencontrés / interrogations

– Exercice médical :
Comme dit l’an dernier, je pense qu’il faut faire une liste des services hospitaliers /spécialistes à qui référer les patients qui nécessitent les explorations ou les analyses non réalisables à Oussouye. Myriam et Anaëlle ont eu, au bout de quelques jours, une saine « révolte » quant à l’impossibilité pour nous d’aller plus loin dans nos démarches diagnostiques et thérapeutiques. Et ce d’autant qu’Hervé nous a dit que, lors de la réunion entre les associations intervenant dans la région et le Dr Badiane, il avait été précisé que nous devions nous conformer au fonctionnement du système de santé, c’est-à-dire passage obligatoire par l’ASC ou l’ICP, puis Dr Badiane … Donc après notre intervention, retour à la case départ ! Perte de temps, d’argent pour les patients, et de compétence !! Heureusement, nous avons pu rencontrer le Dr Badiane qui nous a assuré que nous pouvions shunter ce circuit et adresser les patients aux services compétents. Par contre, quand nous avons cherché à avoir quelques noms et lieux, il nous a dit qu’il n’avait pas/plus de correspondants au niveau de Ziguinchor.
On peut donc dès à présent penser à recenser les possibilités sur la région. Ousmane devrait être en mesure de nous renseigner. Il faut vraiment mettre ça au point.

– ICP/ASC :
Comme lors des missions précédentes, leur implication a été très variable. J’ai chaque fois pris la peine de leur dire qu’il serait souhaitable qu’ils participent aux consultations pour apprendre à examiner les patients, l’interrogatoire, la démarche diagnostique …. D’après Benoit ils seraient intéressés par un compagnonnage pendant une semaine, nous n’en n’avons pas eu la preuve même pour quelques heures !

– Prix des tickets, sommes récoltées :
Le choix du prix du ticket de consultation est laissé à l’appréciation du comité de santé, mais les prix varient du simple au triple. Je ne conteste pas, c’est leur choix, même si 1500 CFA me semble exagéré.
Par contre il serait bon de rappeler, avant, au moment, et à la fin de chaque visite, que la somme récoltée doit absolument être intégrée à la comptabilité du poste/centre, c’est prévu dans leur fonctionnement, comme les dons, et doit être utilisée exclusivement dans le domaine de la santé : médicaments, consommables, voire matériel d’hospitalisation.

– Pharmacie :
Grâce aux commandes auprès de la PHI de Nîmes et de la PNA de Dakar (récupérée par Agnès), nous avons pu assurer la majorité des traitements prescrits. Nous avons pu aussi en trouver auprès des postes de santé pour certains manquants. Nous ferons le point des améliorations à apporter quant aux médicaments essentiels et selon les habitudes de prescription locales, notamment par exemple pour les Anti HTA, ainsi que pour les médicaments qui nous ont manqué.

– Planning /choix des villages :
La remarque du Dr Badiane sur l’effet pervers de nos passages dans les villages est pertinente. Nous avons souvent le sentiment que les patients viennent pour chercher des médicaments pas chers (notamment traitements de pathologies chroniques, bien suivis par les ICP ou les ASC), ou pour vérifier si le TRT de l’ISP/ASC est « bon », en oubliant parfois de nous dire qu’il y a déjà un traitement !
Il ne faut cependant pas oublier que les ICP/ASC traitent les pathologies, le plus souvent les épisodes aigus, selon un arbre décisionnel. C’est grâce à nos interrogatoires et examens systématiques que nous détectons nombres de pathologies encore asymptomatiques, ou négligées par manque d’informations /sensibilisations.
Plusieurs fois l’idée de faire des réunions de sensibilisation, en matière de prévention et de les coupler aux consultations, a été émise. Cette action serait à réaliser dans les villages isolés, ceux qui ne sont pas reliés par la route, ou loin de postes de santé (villages où le niveau socio-culturel est très bas), et cela répondrait au souhait du Dr Badiane (même si lorsque nous consultons là où il y a case ou poste de santé, nous voyons des cas nécessitant les compétences de médecins) et pourrait se faire avec un effectif plus réduit.
A Essaout, en mars, premier passage dans ce village, il y avait eu affluence, d’où la décision du bureau de le remettre au programme. Beaucoup moins de consultants, mais cela nous a permis de travailler plus sereinement, sans la pression dûe à la file d’attente et la peur de ne pas pouvoir voir tout le monde. Très apprécié par nos jeunes recrues qui ont pu parler avec les patients et les accompagnateurs.

Pour conclure :
Une mission intéressante du fait des interrogations soulevées, de remises en questions qui permettent de progresser, d’envisager de nouvelles orientations ; de mises au point notamment du fait de la rencontre avec le Dr Badiane nous éclairant sur les possibilités d’action dans notre exercice.
Une mission sympathique, riche en échanges, où chacun a su trouver sa place et contribuer au bon fonctionnement.
Mention spéciale à nos dentistes (dont on ne parle pas dans ce rapport médical) mais qui font un travail remarquable et de loin le plus difficile.
Merci à notre pharmacien, à nos logisticiens qui sont sur tous les fronts, et bravo à mes trois confrères qui ont su s’investir et s’adapter à des conditions de travail parfois déroutantes.

                                                                                            Dr Meyssonnier Lacroix Mireille

Compte-rendu mission novembre 2014

COMPTE RENDU DE LA MISSION NOV 2014

           La mission s’est déroulée du 13 au 17/11 sur DAKAR et du 14 au 20/11 à Diembering, avec Marie Sylvie, Benoit et Hervé. Dans les mêmes dates, une mission Pneumo a eu lieu à Oussouye avec Christine qui fera son propre compte rendu.

VOYAGE
A titre d’info nous avons utilisé Air France pour A et R TSE/CDG/DAK au prix de 458 à 505€ et Sénégalair pour DAK/ZIG/DAK au prix de 150€ soit un total de 650€ .
Pour l’hébergement nous avons utilisé l’espace Thialy dans le quartier de la Patte d’oie qui est un bon campement/hôtel à 13000Fcfa la 1/2P par pers et par chambre de 2, relativement près de l’aéroport, mais à l’opposé du quartier du Plateau qui est l’endroit où l’on fait les démarches.

AMBASSADE DE FRANCE
Pauline LECOINTE Conseiller technique France et Sénégal, et le Dr Jean Pierre LAMARQUE Conseiller Médico Sanitaire
L’échange a porté sur des recommandations générales autour des actions AMK. Il faut être impérativement déclarés auprès des autorités sanitaires (nous le sommes) et agir en accord avec elles.
Obtenir l’aval du Gouverneur de la région de Zig, car c’est le niveau étatique le plus élevé après le Président de la République. Ce que nous avions fait avec le précédent et que nous allons entreprendre avec le nouveau, Mr Dieng.
A chaque venue en mission, prévenir (et/ou se présenter) les autorités médicales, le sous-Préfet et la Gendarmerie de nos dates de présence. Lorsque cette démarche est respectée, on peut trouver de l’aide de leur part, sinon en cas de problème tout devient compliqué.
Sur notre projet d’installation d’un médecin suivant le principe de Santé Sud les avis sont différents entre Lecointe et Lamarque. La première pense que la réussite n’est pas totale alors que le second pense que oui. Nous devons nous rencontrer en janvier pour développer un peu plus.
Pauline Lecointe nous a fourni les mails du consul afin d’obtenir des visas pour les Sénégalais en particulier Therese Gomiz première opérée du cœur qui devrait être revue à la clinique Pasteur pour évaluer sérieusement son état.

PHARMACIE / MEDICAMENTS
Nous avons rencontré les responsables de la Pharmacie Nationale d’Approvisionnement (PNA) qui nous ont remis la liste des médocs génériques qu’ils distribuent et nous ont renvoyés vers la Régionale (PRA) à Zig que nous sommes allés voir. Il suffira de commander par mail 11/2 mois à l’avance, avoir confirmation, les retirer à Zig et payer à l’enlèvement.

INSTALLATION Dr OUSMANE
Le nom complet d’Ousmane est Karim Ousmane NDIAYE.
Delta Medical de Dakar nous avait fait un devis de la liste de petits matériels que nous sommes venus retirer, ils venaient s’ajouter à ceux portés depuis Toulouse.
Concernant son logement, après plusieurs visites au Cap et à Kabrousse notre choix commun s’est arrêté sur une maison en voie d’achèvement de Sœur Méry et de ses frères, qui est située au Cap sur la route de Kabrousse, en face de la Senelec, avant le dépôt de Sara, en fait, elle est voisine de l’ancienne maison de Serge, pour ceux qui connaissent. C’est un bon emplacement, visible et facile d’accès.
Cette maison comprend 3 pièces principales, une cuisine, 2 SE et 2 WC, 1 dépôt et une terrasse qui servira de salle d’attente. L’ensemble sur un grand terrain clos.
Le budget d’aide à l’installation d’Ousmane (aide à la population pour ce qui nous concerne) reste contenu dans nos prévisions. La dépense à ce jour diminuée des dons des Médecins à la retraite est de 4400€, nous avions prévu 4000/5000€.
Pour ce qui est du fond, Benoit a personnellement discuté avec Ousmane, celui-ci est toujours aussi motivé pour s’installer comme médecin généraliste à participation communautaire.
 Il souhaite réellement exercer son métier pour aider les populations les plus défavorisées et ceci en parfaite coordination avec le Médecin chef d’Oussouye
 (docteur Badiane) et les autorités administratives (mairie et département) qui dans le cadre de la décentralisation seront investies de plusieurs domaines touchant à la santé.
Nous allons donc mettre en place avec lui et avec elles une convention quadripartite qui permettra de définir vraiment les rôles de chacun. Cela rejoindra donc à terme la manière de travailler d’AMK.

COMMUNAUTE RURALE
Les choses ont changé, puisqu’aujourd’hui TOMBON GUEYE est qualifié de Maire, nous l’avons rencontré ainsi que trois membres de la mairie, afin d’évaluer avec eux une possible convention pour assurer à OUSMANE un revenu supplémentaire, ils sont intéressés par son installation, peut être plus dans le cadre d’avoir un médecin pour les touristes influents. Cependant, il a été envisagé qu’Ousmane ne soigne une partie de la population : personnes âgées par exemple ou, petits enfants, et ainsi ces consultations pourraient être réglées par la Mairie. Mais tout cela reste à redéfinir, Benoit est en contact avec eux pour rédiger quelque chose qui soit faisable.

CAMION
Michel BILLOT, le responsable de la Baie de Boucotte, héberge notre camion en notre absence et le maintient « en forme ». Des personnes sur place nous disaient qu’elles voyaient souvent le camion sur les routes en notre absence. Il s’avère que des démarches ont du être faites pour les papiers et il est normal à ce moment là que le camion ait circulé. Mais je vous rassure tout est normal. Notre camion a quitté la France à 89 900km et il avait à notre arrivée 95 457km, le compte est normal entre le voyage et la mission de janvier 14. Nous l’avons laissé sur place à 96 120km.
En janvier 15 nous avons prévu de rendre plus discret notre véhicule en supprimant les 4 énormes inscriptions AMK et revenir ainsi à ce qui était prévu. Nous ferons faire un panneau aimanté avec la mention « Médecins » que nous pourrons poser ou déposer sur le pavillon au-dessus du parebrise.
A la demande de Michel, nous porterons en janvier un émetteur d’ultrasons pour protéger le camion des rongeurs. C’est son homme de confiance Cher Coly qui nous a accompagnait à Ziguinchor qui s’en occupe.
La carte grise est de 11 places. Tant que l’on est au maxi 9 personnes, y compris le chauffeur, pas de problème. Le Sous-Préfet de Kabrousse que nous avons rencontré a demandé au Commandant de la Gendarmerie du Cap de nous laisser circuler avec tous les sièges utilisés, c’est-à-dire 11 personnes avec un permis B (voiture) au lieu du permis D (transport en commun) nécessaire. Ceci est valable pour toute sa circonscription c’est-à-dire jusqu’au pont de Catakalousse. D’où l’importance de ne pas oublier de lui rendre visite en début de mission pour le saluer et lui en reparler.
Michel va continuer les démarches pour essayer d’obtenir un passe -droit.
Michel, de sa propre initiative, a fait un mail aux 51 copros de la Baie pour les sensibiliser à l’installation d’Ousmane et de les inciter à participer. Déjà des réponses encourageantes sont arrivées. Bravo Michel !
Michel est sensibles à nos actions sur place et nous a aidés dans beaucoup de domaines, nous mesurons l’importance qu’il représente localement et l’efficacité de son « réseau ». Que chaque logisticien ou chef de mission prennent le temps de venir le saluer et le remercier pour son aide chaleureuse.

INTERNAT
Nous avons organisé une grande réunion avec le Comité de Gestion et les Directrices, où tous les sujets ont été abordés même ceux qui fâchent. Le résultat est la conclusion de notre Présidente : « Tous ensemble on a remis la barre droite et maintenant tout doit bien aller ». Vous pouvez lire le PV de cette réunion qui est très instructif, en le demandant à Julien.
Claude a financé 2 nouveaux panneaux solaires installés par les Electriciens sans frontières, ainsi qu’un frigo/congelo et une gazinière.
Hervé a redéfini les limites au financement de l’Internat. AMK c’est engagé à faire vivre l’Internat par le biais des parrainages, et elle s’y emploie. Jusqu’à présent toutes les dépenses d’entretien ont été payées par AMK alors que le bâtiment appartient à la Mairie. La nouvelle répartition sera donc : AMK fait vivre et la Mairie prendra en charge toutes les autres dépenses.

CRECHE
Bravo à Alimatou qui cette année s’est occupée avec son équipe de 103 enfants pendant 2 mois. Elle nous a présenté tous les comptes et factures. Son budget s’est élevé à 2 049 625Fcfa (3130€) soit ½€ par enfant et par jour. AMK a participé pour 1000€ et le CA renouvellera certainement son aide l’an prochain pour la 4ème année.
Une vraie réussite qui correspond à un réel besoin.

CAMPEMENTS
A Oussouye nous avons utilisé le campement d’Eli et le Campement Villageois. Nous déconseillons vivement aux futures missions ce dernier qui est vraiment en dehors de toutes normes sur le plan de l’hygiène.
A Diembering, ASSEB a enfin équipé les cases du modèle de table/armoires qu’avait fait Hervé dans la case 15, mais il est conseillé d’apporter sa chaise car c’est une denrée inconnue.

AIDE MEDICALE
Une aide financière de 100€ a été décidée en faveur de N’daye, en reconnaissance de son rôle participatif qu’elle a eu pendant plusieurs années dans les actions d’AMK. Cette aide est destinée à payer une partie des frais de son opération d’un fibrome.

EBOLA
Apparemment aucun risque sur place. Les Sénégalais en rigolent et nous disent qu’ils ne savent pas ce que c’est, par contre ils s’inquiètent pour les Européens qui ont quelques cas
Ebola + visas (2h à Dakar !!!)= aucun touriste. C’est un drame pour l’économie locale.

PROCHAINE MISSION
En janvier, une mission Film / démarches / travaux / démarrage Ousmane avec Benoit, Chantal, Hervé et peut être Marie Sylvie du 16/1 au 6/2.
La prochaine mission de soins pourrait avoir lieu en mars après le démarrage effectif d’Ousmane. Les logisticiens à confirmer seraient Julien et Robert.
Il est possible que Claude et Hervé partent en même temps que cette mission pour l’Internat et plus.

CR de mission d’Avril 2013 par Michel FARIZON

Compte rendu de la mission AMK

         Docteur MICHEL FARIZON               AVRIL 2013

Une mission réussie sur le plan travail, puisque nous avons consulté 12OO personnes, réussie sur le plan relationnel, 17 participants (Julien ALBAR, Robert DELRIEU, nos logisticiens, Anne ERHART, avec l’aide de BERNARDIN, pour la partie dentaire, Anne VIALA MASQUEFA , Adeline GUITTET, Sandra  SOUBAYA , Michel  FARIZON pour la partie médecine, Sylvie GESBERT  Infirmière , Christine JULIA LAURENS pour la pneumologie, Marie Sylvie MASSIE Présidente de l’association, Fafa JEANNOT pharmacien, et Ibu, notre représentant  AMK depuis le début,  Fatima et Maïmouna assistantes dentaires,  sans oublier Perrine BREME   ET  Boris FOURNIER  pour la SANTE PUBLIQUE ).

Marie Sylvie et Christine , lors de la première semaine nous ont bien aidé à démarrer cette mission, en particulier elles ont peaufiné nos relations avec l’hôpital, avec le Docteur Malik Badiane et le Docteur Karim Ousmane N’Diaye  Elles ont finalisé les dernières réparations de l’appareil radio qui est opérationnel et nous avons pu prescrire des radios à nos patients, faites par ARONA qui a suivi une formation à Ziguinchor, prise en charge par AMK , et durant ces premiers jours  avec l’aide du docteur Christine JULIA .

Sur le plan dentaire, je laisse le soin à Anne ERHART pour qui c’était sa première mission AMK, mais qui connait bien la Casamance avec une autre association, de faire son rapport. Cependant je ne peux m’empêcher de saluer son travail considérable effectué avec le sourire, aidée de Bernardin la deuxième semaine, et remercier Fatima et Maimouna pour leur aide précieuse, et leur bonne humeur.

Sur le plan médical on peut dresser un bilan positif :

TABLEAU 1 :  NOMBRE DE CONSULTANTS / VILLAGE

Nombre de consultations et de pathologies constatées :

Villages

pathologies

consultations

Total

Total

Diembering

120

96

pathologies

consultations

Kabrousse

78

64

198

160

Loudia Oualof

98

85

296

245

Eloubaline

34

30

330

275

Youtou

106

97

436

372

Diakène-Oualof

77

71

513

443

Elinkine

123

119

636

562

Kadjinol

255

216

891

778

Wendaye

52

42

943

820

Cap-Skirring

168

156

1111

976

Emaye

92

79

1203

1055

TABLEAU 2   :   PATHOLOGIES, nombre de cas

Allergo                                   13            Cardio.v.                     63            Dermato                    133

Gastro                             203          Gynéco                       34    Mal. infect.  23  (++ varicelle)

OPH                            139                ORL                             38                Neuro                         2

Palu                            0                         Parasito                      151  (1)         Pédiatrie                     66

Pneumo                      61                      Rhumato                    274           Stomato                      3

Traumato                   7                       Uro                             13

(1)    sachant que la prescription de mebendazole a été systématique à Youtou

Nous remarquons que les motifs de consultations sont identiques à ceux de la mission de Janvier.

Sur le plan pratique :  – La réunion préalable de présentation dans chaque village est devenue coutume,  – La présence des ICP, participants à la consultation est pratiquement acquise,  -. Le prix de la consultation + médicaments, fixé à l’avance par le comité de santé est une chose aussi acquise sans aucune difficulté, avec l’accord du Docteur BADIANE à qui nous en avions parlé. – les kits de soins dentaires, remis dans le cabinet dentaire après extractions sont passés dans les mœurs, permettant à la pharmacie d’être désengorgée.  – Le blocage des patients à l’entrée des dispensaires et la patience persuasive de nos logisticiens ont fait que les consultations se sont déroulées dans le calme.

 Sur le plan médicaments, nous nous sommes retrouvés plusieurs fois à cours de produits, et Fafa, notre pharmacien a dressé une liste de médicaments de références qui nous servira de base, évitant sans doute pour la prochaine fois ce problème. Nous avons pu cependant nous réapprovisionner avec la pharmacie de l’hôpital d’Oussouye et avec la gestion du stock de notre pharmacien.

 Nous avons tenu une liste de patients à revoir, et revu les patients que la mission précédente avait signalé, nous remettons une liste au Docteur BADIANE .

Un grand merci à Anne V M, à Adeline  et Sandra venues de la Réunion, sans oublier Perrine et Boris qui en plus de leur mission de Santé Publique à Kabrousse et Djiembering nous ont donné un sérieux coup demain, ainsi qu’à Ousmane, médecin de l’hôpital d’Oussouye qui nous a rejoint dans trois villages.

Un petit mot de la pharmacie pour remercier Fafa et son professionnalisme, et Sylvie, notre infirmière volante et polyvalente (médocs, bobos, pansements, glycémies, conseils…)

Enfin tout ce travail n’aurait pu aboutir sans la présence de nos logisticiens Julien et Robert, maîtres de toutes les situations, qui nous ont servi une mission sur un plateau dès 7 H du matin….

N’oublions pas Ibu, pilier d’Actions médicales Kassoumaye depuis sa fondation en Casamance, et l’accueil chaleureux que nous avons reçu dans tous les villages.

Encore MERCI à tous et au plaisir de vous revoir.                            MICHEL FARIZON

VICTOIRE pour l’appareil de radiologie à Oussouye

Victoire acquise : l’appareil de radiologie marche

MISSION   PNEUMO  MARS  2013

           Les docteurs Christine Julia et Patrick Bernard sont à nouveau partis en mission pneumo à l’Hôpital d’Oussouye du 3 au 10 mars pour les derniers réglages avant la mise en route réussie de l’appareil de radiologie.

             Voilà un an-et-demi que cet appareil était démonté à Toulouse par Electriciens sans frontières, ensuite bien emballé sur 8 palettes, chargé sur camion en direction du Havre. Après les étapes Le Havre – Dakar, puis Dakar- Ziguinchor, enfin l’étape Ziguinchor – Oussouye. L’acheminement de tout ce chargement ne fut pas simple, il fut même très laborieux, voir même épuisant pour ceux qui s’étaient imposés ce challenge : les docteurs Christine Julia et Patrick Bernard.

            En avril 2012, le chargement arrivait enfin à « bon port », mais il fallait encore partir à la recherche d’une palette égarée en cours de route. Fin avril 2012 la même équipe d’Electriciens sans frontières, très confiante,  arrivait à Oussouye pour remonter l’appareil. Opération réussie, branchement réussi, pensait-on ! L’objectif recherché n’était pas encore atteint, les derniers réglages n’étaient pas évidents.

              Après presque un an d’incertitudes et parfois de déceptions, il fallait faire  encore un effort !!! Pourvu que ce soit le dernier !! L’intervention d’un technicien de Dakar était nécessaire. Ouf ! ce dernier effort était bien le bon. La ténacité de Christine et Patrick a porté ses fruits, l’appareil marche, les premières radios sortent (voir photos). Leur retour à Toulouse le 10 mars dernier était plein de la satisfaction du devoir accompli. Voilà leurs conclusions :

 L’appareil de radiologie est opérationnel. Plusieurs clichés ont été réalisés et sont d’excellente qualité.   Le technicien Abdoulaï DIAA (Dakar) est prêt à revenir faire une révision complète de l’appareil (jamais effectuée), avec l’accord du Docteur BADIANE.  Les déplacements antérieurs et les réparations réalisées par ce technicien ont été pris en charge  financièrement  par l’Hôpital d’Oussouye.

           Un problème important va se régler, celui de l’approvisionnement en consommables (révélateur, fixateur et films). Un dépositaire AGFA est installé à Dakar et la pénurie de ces produits semble levée. Nous restons en contact.

            Pour un fonctionnement réglementaire, il est obligatoire que les clichés soient effectués par un Manipulateur agréé. Un accord est en cours de signature avec l’Hôpital de Ziguinchor (Docteur BOB) pour qu’Arona DIALLO puisse effectuer cette formation dans les plus brefs délais.

             Nous avons accepté au nom d’AMK le principe d’une participation (environ 300 euros) de la formation d’Arona. Ce sujet doit être débattu très rapidement avec les membres du CA. Marie-Sylvie est déjà informée par une lettre de demande du Docteur Ousmane N’DIAYE.

    photos radio
Réactions de plusieurs membres du CA d’AMK, auxquelles tous les autres membres s’associent :  

 Bravo à tous les deux, Christine et Patrick,  pour avoir réussi jusqu’au bout, à régler tous les problèmes rencontrés. Souhaitons que le Docteur Badiane et toute son équipe se responsabilisent complètement pour respecter tous vos efforts, et qu’ils assurent une maintenance permanente de cet équipement.

Je m’associe à ces félicitations d’autant plus que je sais que le suivi et l’aboutissement d’un tel  projet au Sénégal c’est beaucoup d’énergie à déployer.   (NB : la réalisation de l’internat de Diembering ne fut pas non plus une cinécure).

 UN GRAND MERCI est aussi à adresser à tous ceux (SADIR, Clinique Pasteur, Electriciens sans Frontières, Dct Badiane, …)  qui par leur contribution ont apporté, tout au long de la chaîne, leur contribution à la réussite de ce projet qui, à prime abord, n’était vraiment pas évidente.

 2 photos avril 2013

 

Compte-rendu Logistique de la mission de janvier 2013

Compte-rendu logistique pour la mission   de janvier/février 2013

 Participants :   Médecins : Benoit GARCON (Responsable) – Patrick BOUSSER – Dominique LEMAITRE        Dentistes : Joëlle PROUST (1ère semaine) – Anne FREMONT – Georges DIATTA       Pharmacie : Chantal GARCON                Infirmière : Ginette DUPUY     Logistique : Jean-Pierre SOLARO – Claude SAGNES         Accompagnés de Ibbu DIATTA et Maïmouna TRAWARE

Villages visités : Diembering (2 jours) , Boukotte, Boudiediet, Cap Skirring, Eloubaline, Elinkine, Ourong, Kagnout, Youtou, Dialang et 1 jour de repos à Carabane.

          Cela devient un lieu commun de dire que la mission s’est passée dans une très bonne ambiance où les nouveaux (la moitié du groupe) se sont parfaitement et très vite mis au diapason. En tout cas bravo à tous pour leur travail dans des conditions souvent précaires.

             Les participations du dentiste Georges Diatta sur toute la durée et de Ousmane N’Diaye, médecin collaborateur du Dr Badiane à Oussouye, ont été très enrichissantes. Elles constituent, à mon avis, une reconnaissance locale de notre activité. Ousmane a été avec nous à Eloubaline, Youtou et Dialang (Kaléane) et a passé 2 soirées à Oussouye chez Elisabeth. C’est quelqu’un que nous devons contacter à chaque mission. Il envisage de s’établir comme généraliste dans le Département d’Oussouye.

         L’expérience du tarif forfaitaire unique (consultation et médicaments forfaitisés à 1000F) proposé par l’ICP de Youtou (comme il l’avait fait en avril 2012) a été pour nous une découverte. Il suffisait d’y penser ! C’est un peu de solidarité.

Cette pratique :     –         libère les pharmaciennes des incessantes demandes du prix à faire payer. Ce temps peut-être passé à expliquer, parler avec les gens, se reposer…                         –         pas d’argent à manipuler à la pharmacie (hormis celui des lunettes)                                –         permet de servir plus rapidement les patients qui souvent poireautent sous le soleil

            Je suggère que la prochaine mission, en contactant au préalable les ICP et Comité de santé, propose ce type de tarification. Le tableau joint donne quelques coûts moyens observés. Au Comité de Santé de chaque village à fixer le tarif qu’il souhaite pratiquer. On peut imaginer que cela ne puisse pas se faire dans certains sites. Cela a été présenté au CdS de Diembering

 La mission :  Sur ce tableau j’ai indiqué les informations obtenues lors des points financiers que je faisais systématiquement en fin de journée en présence du président du Comité de Santé et de l’ICP. Je leur remettais l’argent reçu ainsi qu’un document où figuraient ces données.

             Le nombre de personnes consultées est supérieur (entre +10% et +20%) car ne figurent pas les patients qui ne payent pas : cas sociaux, traducteurs, cuisinières… (lorsque je le connaissais je l’ai fait figurer en indiquant « payants/vus »).   Ce tableau donne des informations sur le prix moyen d’une consultation si on veut forfaitiser. Il varie entre 800F et 1000F, le choix en revenant au Comité de Santé.

 Réunion avec le comité de Santé de Diembering (26/01/2013)

Participants CdS : Ibou Sambou, Cécile N’Diaye, Mina N’Diaye, Jean Gueye, Jacques Diouf

Utilisation des médicaments laissés par AMK :       Même si tous n’ont pas compris, la situation est claire. Ils peuvent être utilisés par l’ICP (ou l’ASC si absence) si nécessaire en faisant la demande au Pdt du CdS qui a la clef des armoires. Un cahier des sorties existe. Il faut le tenir à jour. Les infos nous seront communiquées sur notre demande au Pdt avant chaque mission pour qu’on sache ce qu’il reste dans les armoires AMK. Ibou Sambou le Pdt est bien d’accord sur cette procédure.

         -Le CdS nous a demandé de participer à une réunion le 8 février pour sensibiliser les quartiers à participer financièrement à l’entretien de l’ambulance (seuls 2 quartiers sur 6 l’avaient fait).

 Lunettes :    Je me suis transformé en « Docteur Afflelou » durant cette mission. Fournir des lunettes est apprécié par la population. Elles ont été facturées 1000F. Il faut reconstituer le stock sur place (voir état en possession de Chantal).

 Les villages :     Quelques remarques de logistique. Je laisse à Benoit le soin d’apprécier l’entrain des différents ICP pour participer aux consultations. En général les dentistes ont été installés dans la maternité, lorsqu’elle existe. De façon générale l’accueil des Comités de Santé et de la population est chaleureux. Nous avons souvent payé les boissons du repas de midi, offert, afin de ne pas diminuer leurs recettes.

 Diembering : Toujours autant de monde, en particulier pour les dentistes.

Boukotte : L’ambiance est bien meilleure.

 Boudiediet : L’état de la piste Cabrousse-Boudiediet, qui se creuse lentement, sans parler du risque de croisement avec un camion de sable, me semble incompatible avec l’usage du camion. Nous y sommes allés avec un taxi 4×4 qui attend au début de la piste.

 Cap Skirring : En allant voir l’arrivée des pêcheurs le dernier jour, nous nous sommes aperçus qu’ils n’avaient pas été informés de notre présence quelques jours plus tôt. Il faut donc que dorénavant nous allions mettre nous-mêmes une affiche sur le local situé à proximité.

 Eloubaline : Le décés en moto le matin même d’un jeune homme devant prendre notre pirogue pour assister à notre consultation ( !) explique le faible nombre de consultants, beaucoup étant partis dans la famille du défunt.

 Elinkine :  RAS

 Ourong :      Du retard pour la pirogue mais tout le monde a pu être vu. Grégoire N’Diaye le piroguier, secrétaire du CdS est excusé car c’est lui qui fait tout.

 Kagnout :   Le Pdt du Cds et Léon Sambou ont fait part de leur satisfaction de notre retour

 Youtou :   C’est ici qu’a été apprécié le tarif unique (demandez à Chantal et Ginette).  2ème retard de pirogue sans conséquence puisque tout le monde a pu être vu (et nous a permis de revenir sur les bolongs à la tombée du jour au milieu des oiseaux. Magnifique !).

 Dialang (Kaléane) :   La Case de Santé est en fait sur Dialang. Elle regoupe les quartiers de Dialang, Bafican, Dioher, Bacounoum, Etafoune, Koureng et Kaléane.

Carabane :   Repos apprécié à l’hôtel Carabane chez Gaby. Une prochaine mission pourrait aller au Barracuda chez Amat (trésorier du CdS). La semaine précédente Anima y avait consulté.

Logements

Chez Jean-ASSEB pas de changement : les chambres on connait. Charlemagne toujours aussi remarquable pour la cuisine. L’environnement par contre me semble évoluer. Plus de jeunes, qui y travaillent. Le soir guitare et chants. Sympa.. Nous avons eu 2 fois la chorale de jeunes qui est venue chanter pour nous. La seconde fois à notre demande le dernier soir. Très beau, émouvant!

 Oussouye chez Elisabeth : très bien.

Elinkine chez Luc : certaines chambres ne sont pas encore  terminées, donc confort inégal,  cadre très agréable.

Youtou : nous avons vu les locaux du logement potentiel. Il parait difficile de pouvoir y loger. En plus c’est un peu loin de tout et donc pas très pratique.

 Moyen de transport :  Le camion a été bien réparé par Amadou  (pompe et tuyau d’échappement). Nous avons eu un problème de frein à main qui est resté coincé, ce qui nous a obligé (après un arrêt en urgence à Diakéne et un refroidissement du train arrière gauche) de rouler doucement durant tout le séjour (c’est pas plus mal). Serge doit régler le problème avec Amadou. Sinon le moteur tourne parfaitement c’est tout le reste qui part. Il est tout de même en fin de vie.

       La présence du 4×4 de Jacques a été indispensable. Elle a permis à Jean-Pierre durant les consultations de faire les démarches, courses nécessaires… et lors de notre panne d’amener à bon port une partie de l’équipe. Les transports en pirogue sont toujours autant appréciés (y’a pas de mal à se faire du bien !).

 Sous-Préfecture de Cabrousse :  Le sous-préfet de Cabrousse   a aimé que nous soyons passés le voir pour lui donner le programme de notre mission. A faire systématiquement.

 Case de santé d’Eloubaline :  Jean-Pierre fera le point des contacts qu’il a pris sur le sujet. Je rapporterai simplement les propos de José/CPAS : « il conviendrait de contacter le chargé du développement à la Préfecture d’Oussouye pour savoir s’il n’y a pas un projet en cours ». Nous n’avons pu passer à la Préfecture : si cela peut être fait en avril !

 Projet eau potable à Eloubaline :  Voir compte-rendu de Jean-Pierre.

Internat :  Voir mon compte-rendu de la réunion du Comité de Gestion. A noter la responsabilisation croissante de Jacques et Pape.

 Prochaines missions :– Des médecins, pédiatres italiens viennent 1 fois par an à Cabrousse (en relation avec l’école catholique Padre Luigi). En octobre 2011 ils sont allés aussi à Bouyouye et Boudiediet. Alors qu’ils ne le faisaient pas au départ, ils préviennent maintenant Badiane. Il faudrait donc, pour la mission de novembre, savoir auprès de lui si cette mission est passée où et quand pour éviter la venue de 2 missions médicales en peu de temps sur un même lieu.

– L’ICP de Cabrousse nous a demandé de les prévoir lors d’une prochaine mission.                – Mamadou de Karounat aimerait que nous allions à Emaye.                                                       – demande pour Loudia Ouolof

– Ousmane médecin de l’hôpital d’Oussouye aimerait que nous allions dans son village Kaguit (de l’autre côté du bolong par rapport à Youtou, mais dépend du district de Zig ; si on lui en parle avant il obtiendrait l’autorisation).

 Association dentistes Doma Doma à Cabrousse :  Nous avons vu François et Odile dans leur cabinet. Ils ont maintenant l’autorisation de soigner les enfants et les adultes en urgence.

 Divers :     –     Nous n’avons vu le Dr Badiane que la 1ere semaine. Nous lui avons fait signer une attestation pour les médicaments.

      –     On a entendu parler d’internes en médecine sénégalais qui venaient consulter. En fait il s’agit d’internes en médecine casamançais qui venaient à la période de l’hivernage (donc pendant leur congés). Ousmane est un des fondateurs de leur association                    Il serait bien à la prochaine mission d’associer Fatima comme Assistante Dentaire.               –         Quelques outils ont été achetés et sont dans les armoires à Diem.                                     –         Voici ce que Jean-Pierre propose de prévoir par mission (on peut photocopier au Cap et « massicoter ») :  Prévoir par mission 1000 copies de 2 ordonnances et 400 copies de 8 étiquettes, 2000 sacs plastiques moyens et 6000 petits, un sac poubelle par jour pour la pharmacie et par médecin et ou dentiste, 500 Carnets de Santé,  6 rouleaux de sopalin

Conclusion :   J’ai apprécié la présence de Jean-Pierre comme 2ème logisticien. En particulier c’est lui qui a assuré tout le financier, ce qui n’est pas une mince affaire. Nous avons aussi pu conduire les 2 véhicules et avoir des activités simultanées (faire des courses et assister la mission par exemple). Je précise qu’il est reconnu comme le spécialiste, en Basse-Casamance, du ti’punch au rhum de Guinée ! On devra se poser la question du nombre de logisticiens dans l’avenir pour des missions importantes (plus de 10) et leur rôle respectif.

Encore merci pour le bon état d’esprit de tous et des nouveaux en particulier. C’est ainsi facile de faire la logistique d’une mission.                             Claude

CR Mission Santé Publique Bilharziose décembre 2012

COMPTE-RENDU DE LA MISSION  SANTE PUBLIQUE de décembre 2012

 Participants : Docteur Didier Basset (chef de mission), Docteur Marie-France Frutoso (anthropologue), Docteur Chloé Stengel (IMG), Docteur Laura Basuyau (M.G.), Annie Basset (biologiste). Pour la logistique : Hervé Canivet, Jean-Pierre Solaro

             L’objectif de cette mission était de compléter les résultats obtenus au cours des 3 premières missions (déc. 2010, nov. 2011, avr. 2012) reprenant la lutte anti-bilharzienne interrompue en 2005, afin d’en déterminer le niveau de prévalence actuel. Cette mission a été la première à s’intéresser à l’approche anthropologique des maladies chez l’ethnie Diola grâce au précieux concours de Marie-France. Le passage à Eloubaline a confirmé l’urgence d’une intervention sur l’eau potable pour ce village.

programme mission

 La lutte contre la bilharziose urinaire : il restait à compléter un certain nombre de classes sur Cabrousse et Diembering afin d’évaluer l’efficacité de nos traitements précédents, de vérifier l’action sur Nikine, où la prévalence était impressionnante, l’an passé, et de confirmer l’impact de la maladie à Eloubaline, entrevue en avril.

 a)    Kabrousse 

Kabrousse1

 Kabrousse2

              Nous sommes loin des premiers chiffres impressionnants de prévalence de 2002 (rappel : 67 %). Suite à la reprise de la maladie après 5 années d’interruption de la lutte (48 % en 2010), nous avons beaucoup travaillé sur ce village pour arriver à 22,57 % en global pour cette mission. Pour aller plus loin dans la sensibilisation des élèves, nous avons associé le travail de dépistage suivi du traitement par des actions d’éducation pour la santé : la présentation d’une saynète préparée par les élèves du lycée sur un texte de Valérie « Badji » et une chanson sur les dangers de la bilharziose, paroles de Chloé « Diédhiou » et Laura « Bassene » (elles se reconnaîtront), musique de Denis Diatta, intitulé : « Oh ! Bilharzi-ose, c’est dangereux »….un franc succès !

 b)   Diembering :

Diembering1

               Pour Diembering, par contre, nous avons eu une déception. Malgré les efforts de sensibilisation faits dans ce village, les chiffres obtenus en décembre confirment une remontée déjà patente en avril. Le grand « responsable » est, semble-t-il, la grande mare résultant de l’exploitation de la carrière de sable sur la route de la plage. Les enfants continuent de s’y baigner, en grande partie pour la pêche au mépris des conseils de prudence, longuement prodigués. Une partie de l’équipe a surpris, effectivement, un bon nombre d’enfants dans l’eau. Faudra-t-il aller jusqu’à interdire la baignade ? Nous ne pourrons le faire qu’avec l’aide des autorités.

c)    Nikine :

 Nikine

           L’an passé, la mission de novembre avait décelé un taux d’enfants atteints extrêmement élevé : 82 %. Simplement, dans ce petit village, la problématique semble plus simple car une seule mare est contaminante. Une action de sensibilisation avait été entreprise ; elle semble porter ses fruits puisque la prévalence est descendue à 17 %. Les quelques enfants dépistés et faiblement positifs sont ceux que l’instituteur a surpris se baignant dans la mare.

 d)   Eloubaline :

Eloubaline

             Les valeurs de prévalence confirment les résultats obtenus en avril par Christelle et Valérie sur un petit échantillon. Problème : lorsque nous leur avons montré Bulinus truncatus, hôte intermédiaire dans la région, ils n’ont pas semblé le reconnaître. S’agit-il dans la région d’Eloubaline d’un autre Bulin plus petit, B. globosus ou africanus ou les enfants ont-ils été contaminés dans un autre village ? A moins qu’il ne s’agisse d’une autre cause d’hématurie, ce qui est fort peu probable dans une zone d’endémie potentielle et dans cette tranche d’âge. Ce sera un problème à élucider lors de prochaines missions.

          Autre chose, nous avons échangé sur les problèmes de mise à disposition d’eau potable dans ce village, qui est réel. Ayant eu, en cours de « Master 2 sur l’eau » à l’ENGREF, une étudiante, ingénieure, désirant avoir une expérience tropicale dans ce domaine, je lui ai proposé une étude d’impact en tenant compte, bien entendu, des projets sur Oukout.

 Au Total : La mission a ainsi permis de détecter et de traiter par praziquantel :

Total

         Remarques : en mai 2012, une campagne de masse de distribution de praziquantel a été effectuée dans la région. Nous avons, dans nos contrôles observés très peu d’enfants traités à cette période. En fait, la campagne de distribution a été rapidement arrêtée du fait du nombre important d’effets secondaires. Le praziquantel utilisé n’était pas celui de Merck mais un générique d’origine chinoise. Les effets adverses les plus importants ont été chez les enfants à jeun. Ayant bénéficié du même générique, nous avons pu aussi observer ces effets secondaires, le plus souvent à type de nausées mais aussi, chez une jeune fille des symptômes simulant un accès palustre avec frissons, céphalées, malaise général. Heureusement le TDR était négatif et les symptômes ont cédé au bout d’une demi-heure.

         Une analyse statistique plus fine va être réalisée prochainement, en y associant les précédentes missions et, à la demande du Docteur Badiane, nous allons préparer un article pour sensibiliser les autorités sur l’importance de ce foyer de bilharziose urinaire méconnu.

          Les techniques d’éducation pour la santé se sont diversifiées ; nous avons présenté dans un premier temps la maladie puis, après le dépistage et le traitement de chaque classe, nous avons proposé un jeu de cartes à réponses ouvertes sur la bilharziose et, plus généralement l’hygiène (préparé par Annie Basset et Danièle Dememes). Outre un concours de dessin réalisé avec les 2 CM2 de l’école primaire n°1 de Diembering, nous avons réalisé un montage power-point à destination des 6èmes du collège catholique. Il semble que le niveau était un peu élevé ; il a quand même donné suite à une discussion intéressante avec les élèves. Nous avons eu à Oussouye un échange très intéressant avec Ibrahima Ba, chargé de l’éducation pour la santé. Lors des prochaines missions, nous avons envisagé de faire une émission sur la bilharziose à la radio locale, très écoutée. Un créneau horaire d’une heure, le dimanche soir à 20 heures leur est réservé.       Dès le premier jour, nous avons demandé à des élèves du lycée de Cabrousse de jouer une petite saynète préparée par le Docteur Valérie Crassous-Garambois. Ils ont un groupement culturel qui s’exerce à des pièces de théâtre, ce qui a facilité les choses. Malheureusement, de nombreuses révisions n’ont pas permis qu’ils appréhendent totalement le texte, un peu modifié par eux. De plus, la scène s’est joué le deuxième vendredi de la mission, en plein air où le moindre brouhaha est gênant.

         Sur l’impulsion de Chloé et Laura, un texte sur la bilharziose et ses dangers a été écrit et mis en musique en moins de 48 heures par Denis Diatta. Qu’il en soit remercié. Il a chanté sa chanson devant le lycée de Cabrousse, à l’extérieur, devant tous les élèves. Succès garanti. Nous avons organisé une réunion avec le comité de santé et, nous avons bien fait car ils ne se rendaient pas compte réellement du travail effectué préalablement sur la bilharziose. Nous avons pu leur montrer des résultats chiffrés. Un long échange avec l’infirmier de Cabrousse, Ismalia Baro nous a permis de montrer aussi, de façon constructive, le travail effectué.

           Marie-France, en dehors de l’aide qu’elle nous a apportée sur ce travail a questionné discrètement et échangé longuement sur les traditions Diola et leur perception des maladies. Ce travail sera d’une aide particulièrement précieuse pour l’avenir car, il est bien évident que ce n’est pas avec notre approche occidentale que nous réglerons efficacement les problèmes de santé. En particulier, nous avons appris leur approche réelle de l’hématurie (sang dans les urines) et de la bilharziose par rapport aux fétiches. Je laisserai à Marie-France le soin de développer ce beau travail.

         A chaque mission de santé publique, l’habitude est prise d’organiser une soirée avec les jeunes filles de l’internat. Elle a eu lieu le 2ème mercredi de la mission. Cet échange étant 100 % féminin, je laisserai la parole à Chloé et Laura pour vous faire part de leurs réflexions.

             Il me reste le plus dur à dire, c’est-à-dire l’ambiance de la mission. Nous avions la chance, cette année, d’être « managés » par deux logisticiens. D’abord, Hervé, avec sa gouaille et son efficacité habituelle. Juste à bien expliquer à l’avenir les écoles à dépister. Elles sont maintenant souvent au nombre de deux et bien préparer, ensemble, le pré-programme. Ensuite, Jean-Pierre dont c’était le baptême du feu. Gérer les comptes, effectivement, ce n’est pas facile et puis, notre camion avec les portes qui ferment mal, les problèmes de retour sur Diem dans une cabine qui ne sentait pas l’eau de roses…

              Merci à Annie, ma fidèle compagne des bons et des mauvais jours. Merci à Marie-France qui nous a ouvert les yeux sur une culture riche mais pas toujours facile à comprendre. Merci à Chloé, dont c’était la deuxième mission. Sa clairvoyance et son sens de la critique constructive nous ont été bien précieuses. C’est une future chef de mission pour AMK, sans nul doute. Merci aussi à Laura qui s’est très bien adapté pour sa première mission. En espérant que cette première expérience te soit profitable et que tu la renouvelleras avec AMK.

Merci à tous pour votre bonne humeur.

Didier Basset, le 11 janvier 2013